‹ Saint-Just et la terreurChapitre 7 sur 34 · II · texte numérisé non relu

II

Lancés à corps perdu dans cette débauche au moins autant d'imagination que de corps, beaucoup d'autres jeunes gens y eussent péri. Ils y eussent du moins compromis leur avenir. Saint-Just fut assez fort pour mener de front la politique et la volupté. Il trouva dans la robuste puissance de sa jeu^e^se et de son exaltation, dans son opiniâtre volonté, assez d'énergie pour ne pas se laisser amollir par les délices de sa Capoue de village, et, tout en poursuivant le cours de ses succès amoureux, trouver le temps de chercher sa vocation, de Vassurcr par le raisonnement, par de constants efltorts et par une persévérance rare en un homme si jeune.

Le temps qu'il savait prendre sur ses plaisirs et ses études philosophiques , il le passait à Paris dans la fréquentation des hommes jeunes et ardents comme lui. C'est là qu'il connut Camille Desmoulins que ses brochures ih' Vd France Libre ^ d« La Lanterne, d<î la Défense de

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Saifil-Hvruguesy et ses premiers uaniéi*os des tiévolutioM de France et de Zfra^an/ commençaient à sortir de la foule. Nous le rencontrons, dans un jour de folie, chez la courtisanne Théroigne de Méricourt, aux pieds de laquelle il feit fumer Fencens de la galanterie et de sa poésie licentieuse. C'est à Paris qu'il se mit en relation avec tous ces jeunes révolutionnaires qu'il retrouvera à la Convention et dont les uns seront ses aides-bourreaui, les autres ses victimes. Cette crise d'exaltation devait nécessairement faire monter les plus exaltés à la surface, comme monte l'écume légère au dessus de toutes les ébullitîons. Saint- Just saisit admirablement son temps et , le plus jeune parmi les hommes jeunes de sa contrée, il sut s'en montrer aussi le plus violent. Sûr de lui-même, ne connaissant ni crainte, ni timidité, abusant de Teropire que la beauté, l'audace et la parole conquièrent constamment sur la foule, tout gonflé de son érudition et sachant qu'il était le plus savant de son district, il aborda la tribune î>opulaire avec toutes les chances possibles de succès. Les vieillards du pays nous le dépeignent hantant tous les clubs do Chauny, de Blérancourt, de Coucy. Chaque fête patriotique le voit pérorer sur les places. I..es jeunes gens admirent et applaudissent. Les hommes foits s'étonnent et craignent. Tous subissent l'influence de l'étonnenient, de la crainte et de l'admiration. Dans ces comîoes populaires, nouveauté, besoin et mode du moment, le nombre était restreint de ceux qui savaient et pouvaient et osaient parler. Le bon sens et l'expérience se sentaient glacés par la timidité et le peu d'habitude ,;et le spectacle de la foule allcnlive sodio le palais et{ta!^if l'éloquence des

plus hardis. Nedoutaulde rien» Saint-Just aboitkûl^u auditoire avec franchise. Sa parole d^à sérieuse» sa phrase déjà obscure et serrée» son élocution facile» — c il • parlait admirablement » i nous disait dernièrement la vieille femme de Blérancourt qui avait de fréquents rapports avec la Ëunille de Saint-Just» — * son argumentation pleine de réminiscences» — iChauny et à Kérancourt» on savait peu ou point Machiavel » Montesquieu , Mably » Rousseau ; on lisait peu et mal les premiers journaux qui parurent » — firent une impression d'autant plus profonde » d'autant plus durable^ qu*aucun autre orateur ne vint offrir le combat à Saint-Just et ne le gêna dans sa marche par une rivalité qui pût partager la faveui* et Tattention populaires. Gomme tous ceux qui dcbutenl et veulent arriver vite, il fit de Topposition au Pouvoir. Il plaignit les masses; il s'apitoya sur leur sort; il usa et abusa de ces grands mots qui réussissent toujours , alors surtout , puisque c'était la première fois qu'ils étaient publiquement prononcés, Us réussissent biea encore maintenant! On s'extasia sur ce précoce talent , sur ce jeune honune qui en savait plus long que les hommes (l'expérience et les vieillaixis, sur ce noble qui se rangeait du côté de la plèbe. Les jeunes gens, par esprit ùe corps, le prirent pour leur chef; les ouvriers , par reconnaissance, s'attachèrent à lui. L'enthousiasme de la nouveauté compléta son succès » et quand il s'agit de donner des (!hefs à la nouvelle milice qui s'organisait partout, Saint- Just fut nommé lieutenant-colonel de la garde nationale (lu canton de Blérancourt.

Malgn» son *^ge , ou plut(H à càixsv de son î\ge , il fut

envoyé et admis > quoiqu*après d'assez vives discusaicos, comme électeur départemental à la réunion des électeurs de l'Aisne convoqués , par un décr^ du 15 avril 1790\ pour décidf^r laquelle des deux villes , de Laon ou de Soissons, serait mise en possession du ctieHieu du département y dénomination et classification nouvellement créées par la Constitution de 1790 qui venait de supprimer les Généralités y les Administrations Provinciales. Il régnait entre les deux villes , que l'Assemblée Constituante n'avait pas voulu départager elloméme, une rivalité dont on sait très bien les motifs : il s'agissait de grands intérêts matériels d'abord , enfin de la prédominance dans la contrée. Deux partis très-ardents » trèspuissants, divisaient l'Assemblée électorale et soutenaient vivement les titres de chacune des villes dont ils avaient adopté la cause. Saint-Just se prononça pour Soissons. Il reste, dans les archives du département de l'Aisne, un très-précieux autographe : c'est le discours lu par Saint-Just aux électeurs et écrit en entier de sa main. Nous allons le publier textuellement ; c'est la prenodère fois que ce document apparaît dans l'histoire qui le recueillera avec intérêt, car il indique déjà les tendances et la phraséologie humanitaires dont le futur conventionnel a résolu d'empreindre à l'avenir toutes ses oeuvres , écrits et discours. Nous avons conservé avec soin le peu de correction de la phrase et le mépris d'une orthographe gênante.

Jean Debry , Quinette , Lecarlier , ses collègues plus tard à la Convention , avaient déjà parlé , les uns en faveur de Soissons , les autres dans l'intérêt de Laon ,

quand Saint-Just se prononça pour Soissons en ces termes-:

c Messieurs ,

» Mon âge et ie respect que je vous dois ne me permettent point d'élever la voix parmi vous , mais vous m'avez déjà prouvé que vous étiez indulgents.

> On m'a dénoncé , on m'a envié la gloire de servir m<m pays ; mais si la malice avait pu m'arracher de corps à ma patrie et à vous» elle ne vous aurait point arraché mon cœur.

9 C'est sous vos yeux que j'aurai fait mes premières armes, c'est ici que mon âme s'est trempée à la liberté, et cette liberté dont vous jouissez est encore plus jeune que moi.

> Le vœu de mes commettants et la rigueur de ma mission me forcent à prendre parti dans la querelle qui vous divise; forcé de n'en prendre qu'un, ma conscience est à un seul et mon cœur à tous les deux ; jeune comme je le suis , je dois épier les sages exemples pour en profiter, et si quelque chose m'a touche, c'est la modération respective que vous avez /m« ce matin dans vos discussions.

t Je ne déprise point la ville de Laon ; elle est fille de la patrie aussi bien que Soissons , et si cette mère commune avait à prononcer entre nous , elle ne nous reprocherait point nosfaiblesses et ne nous parlerait que le langage de nos entiniilles.

» Parmi le§ difiérentes motions qui ont agité TAssemy blée ce matin, la plus imprévue est Vacte d'offre de la

» ville deLaon de faire les frais de rétablissement, lequel » acte a été demandé par M. Carlier, Iteutenant-généra] » de Coucy.

» Des électeurs , a-t-on dit ensuite , n'ont point de ca-

> ractère pour contracter au nom de leur conunune; cela

> est vrai , mais je demande acte, moi, de la générosité » de Messieurs de Laon , sans préjudicier aux droits de » Boissons parce qu'ils me paraissent solides.

> Le vœu de mes commettants est pour cette dernière

> ville : j'ai parcouru les campagnes , et le pauvre est j, » content. Les fautes repro4;hées àSoissons ne mat point ^ » les siennes, mais celle de l'antique administration, et » la France est régénérée aujourd'hui dans sa politique

> et dans ses mœurs. La ville de Soissons était dans le » cœur même du despotisme , et ses malheui*s lui ont ap- » pris à gouveraer sagement.

» La ville de Laon me parait tout-ù-fait généreuse et » tout-à-fait dévouée au bien public ; elle fera des sacri- » fices , mais ce seront des saciîGces. Il faut quelquefois » refuser sagement des offres dictées par l'ivresse et l'imy> pétuosité du sentiment; la vertu a de nobles illnaionsqMi » la perdent,

» Soissons ne fait point de sacrifices , ils sont faits et » ce serait encore un plus grand malheur de n'en profi- » ter pas.

» Son Intendance, monument de despotisme et de » cruauté, servira désormais à un plus glorieux usage,

> semblable aux temples des idoles où l'on saciîfiait des » victimes humaines, et voués ensuite au Dieu de paix par » de plus pures moins.

t L'Intendance de Soissons peut loger avec dignité \e Département ; C'est rendre à la patrie le sang qu'on lui a tiré , c'est venger la vertu , c*est venger Vhumanité et le jaiwre.

> Il le bénira désormais cet asile parricide que sa sueur a bâti et latauree de son infortune deviendra celle de saféUdU.

I Laon, Messieurs > semble abandonner volontiers ses casernes pour faire place au Département; mais le Département consumera-t-41 ses fourrages? Que deviendront-dles encore ces casernes? Pourquoi déplacer la fortune? Laon a sa garnison » Soissons aurait son département» et pourquoi se dénatureraient-elles; il n'est pas question de conquérir, mais de gouverner.

> Soissons demande le Département ; je le demande » mais pour les pauvres de mon pays parmi lesquelles Soissons a versé des sommes considérables dans le temps de sa fortune.

> N'embarrassons point, Messieurs, dans des discussions métaphysiques une question aussi simple; ne nous évaporons point en de vains sophismes , dépouillons tout ressentiment de terreur , parce que notre jugement est éternel et que nous nous repentirions à loisir d'un choix légèrement fait. Laon a ses avantages, Soissons parait avoir les siens, et la conscience doit prononcer. N'oubliez pas , surtout, Messieurs, que les moments sont précieux pour le pauvre , que chacun de nous doit avoir apporté ici son opinion détei'minée et que, tandis que nous délibérons, les enfants de plusieurs de nos frères ici présents n'ont peut- être pas de pain et en

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> demandent à leur nière qui pleure. Je vote au nom des.

> miens pour Soissons.

» Florelle de Saint-Just, » Electeur de Blérancaurl. »

La ville de Laon obtint gain de cause et eut son cheflieu. Voici comment Saint-Just dans une lettre à son ami Camille Desmoulins raconte Tinsuccès de Soissons et sa réussite personnelle : t Vous avez su avant moi que le X Département était définitivement à Laon. Est-ce un bien»

> est-ce un mal pour Tune ou l'autre ville? Il me semble » que ce n'est qu'un point d'honneur, entre les deux

> villes, et les points d'honneur sont très peu de chose » presqu'en tout genre. Je suis monté à la tribune; j'ai » travaillé dans le dessein de porter le jour dans la ques- • lion du chef-lieu ; mais je ne suivis rien ; je suis parti

> chargé de compliments comme l'âne de reliques , ayant » cependant cette conûance qu'à la prochaine législature,

> je pourrai être des vôtres a l'Assemblée ationale. >

Le triomphe a déjà grandi les désirs de ce jeune ambitieux de vingt deux ans ; il rêve déjà ce mandat de député qu'osent à peine souhaiter et espérer les hommes les plus utiles , les plus expérimentés , les plus connus. C'est qu'aussi on lui faisait la partie belle; tous semblaient s'être donné le mot pour déblayer sa route et la lui rendre facile ; tous semblaient s'entendre pour exalter ce. orgueil déjà si grand et lui foui^nir de sérieuses raisons^ d'être. Quand il quitta Chauny et l'Assemblée électorale dissoute , les électeurs du canton de Blérancourt se portèrent au-devant de lui jusqu'à Manicamp. Là, résidait le

comte de Laui*agaais, colonel des gardes-nationales du canton. Il s'était opposé à l'élection de Saint-Just qui voulut l'écraser de son triomphe et entraîna la foule jusqu'au château , en demandant à présenter les électeurs au comte. U se passa là une scène d'une étrange originalité, et qui préjuge le terrible avenir de ce grand faucheur d'hommes. Saint-Just la racontera mieux que nous, c Les paysans de mon canton, t contîuue-t-il dans sa lettre à Camille Desmoulins , c étaient venu alors de mon >. retour à Chauny me chercher à Manicamp. Le comte de » Lauraguais fut fort étonné de cette cérémonie rusti-

> patriotique. Je les condtiisis tous chez lui pour le visi- » ter. On nous dit qu'il était au champs , et moi cepen- » daot je fis comme Tarquin; j'avais une baguette avec

> laquelle je coupai la tête à une fougère qui se trouva • près de moi sous les fenêtres du château, et sans mot

> dh*e, nous fîmes volte-face, t Si ce récit venait d'un biogi*aphe, ce serait à ne pas y croire; mais la lettre émane de^Saint-Just; mais elle est datée de mai 1790. Il n'y a pas lu place au doute. Quel effrayant tableau ! Quel sujet de semblées méditations ! L'envie , la haine qu'inspirent à Saint-Just ces sots aristocrates de son pays , apparaissent là, menaçant présage, symbole fatal, cruel avertissement auquel dut souvent songer en frémissant le comte de Lauraguais qui languit longtemps dans les cachots dont la mort do Saint-Just put seule le faire sortir vi\'ant.

Les menaces et les prédictions de la lettre à Camille Desmoulins, préparent admirablement le dévouement de la lettre à Robespierre. Saint-Just avait entendu Hobes-

pierre s*essayaut à la tribune. Bien que l'éloquence pénible , nuageuse et diffuse du député d'Ârras à la Constituante n'annonçât point encore et ne pût guères faire prévoir Torateur de 1793» le dictateur puissant, le futur maître de la France , le jeune homme îiiconnu se sentit violemment attiré vers le député médiocre, inconnu. Dans son jounial, c'était le nom de Robespierre qu'U cherchait. Parmi ceux de tant d'hommes plus forts , plus brillants , plus admirés , parmi cette foule de talents magnifiques que le premier effort de la Révolution fît éclore, c'était Robespierre qu'il préférait, dont il lisait avec plus d'attention les discours, dont il retenait les pensées, dont il applaudissait l'opposition. De loin et à travers la distance, une espèce de fluide sympathique agit sur ces deux hommes , les lia étroitement et comme à leur insu. Chez Saint-Just, cette admiration, qui semble si peu motivée, devint un culte, une adoration perpétuelle. Un jour, la petite ville de Blérancourt, menacée de perdre ses marchés, chargea Saint-Just, l'homme alors indispensable, d'adresser une pétition à l'Assemblée Constituante. Sa pétition écrite, Saint-Just ne pensa pas un instant à la faire déposer sur la tribune par les dé£mseurs naturels des intérêts locaux, par les députés de son département. Ce fut à Robespierre qu'il l'envoya avec cette lettre presqu'insensée à force d'adulation.

« Vous qui soutenez la patrie chancelante contre le > torrent du despotisme et de l'intrigue ; vous que je ne » connais que comme Dieu , par des merveilles , je m'a- » dresse à vous , monsieur, pour vous prier de vous » réunir à moi poiu» sauver mon triste pays. La ville de

> Coucy s'est fait ti^ansférer, le bruit eu court ici , les

> marchés francs du boui'g de Blérancourt. Pourquoi les

> villes engloutiraient-elles les privilèges des campagnes? » 11 ne restera donc plus à ces dernières que la taille et » les impôts ?

» Appuyez y s'il vous plaît, de tout votre talent, une » adresse que je fais partir par le courrier, dans laquelle » je demande la réunion de mon héritage aux domaines » nationaux du canton, pour que l'on conserve à mon » pays un privilège sans lequel il faut qu'il meure de » faim... Je ne vous connais pas, mais vous êtes un gi*and

> homme. Vous n'êtes pas seulement député d'une pro- • vince , vous êtes celui de l'humanité et de la Ré- 9 publique. >

Ne serait-ce pas le cas de s'écrier avec le conventionnel Courtois dans son fameux rappoit, que la peste peut avoir aussi ses courtisans, si Robespiei're en a bien eu?

liobespicrre répondît de Paris, à sou fanatique admirateur. C'est ainsi que commença cette liaison inattendue dont les résultats sont incalculables. Sans Saintiust qui lui fournissait idées et style, résolution et fermeté, qui peut dire ce que fût devenu ou plutôt ce que ne fut pas devenu Robespierre? A nos yeux , Saint-Just , comparé à Robespierre, est un colosse. C'est la jeunesse seuleivent qui l'a tenu au second rang parmi les grands hommes de la démagogie. Il avait tout ce qui manquait à son ami , enthousiasme qui se rit des ditïicullés , coupci œil rapide et prompte conception, croyance en scvS idées ime fois qu'elles étaient arrêtées, courage physique et force nioi'ale , nn'»pris des hommes dont l'autre avait

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|)eur, puissance de la synthèse et de la concision quand Fautre était veii>eux et difiîis, absolutisnae de la volonté, tout ce qui fait les hommes forts et dangereux. En s*alliant si jeune à Robespierre, Saint-Just avait été trompé par son inexpérience. Il avait mal apprécié son héros. Plus tard, s'il le connut mieux, s*il regretta sa précipitation , ce qui nous semble probable , s'il vit clair , ce que nous croyons, dans ce grand vide, dans cette absence complète de ces qualités qui font d'un homme un digne maître du monde, il était trop tard ou pas assez tôt pour rompre. Sans le 9 thermidor qui les jeta sur le sol vaincus tous deux à la fois , Robespierre eût peut-être dévoré Saint-Just, parce qu'il en aurait eu peur, comme il avait eu peur de Danton dont il avait reconnu et haï la supériorité.

Pendant le mois de mai 1790, le Moniteur nous donne des nouvelles de Saint-Just. Quelques memlM*es de l'Assemblée Constituante avaient publiquement protesté contre le décret déclarant abolies les lois pénales contre les non-catholiques. Cette protestation fut répandue à on très-^^nd nombre d'exemplaires dans la campagne de Blérancourt. On les fit rechercher et saisir, et la municipalité les brûla en grande pompe sur la place publique. On rédiga procès-verbal de la cérémonie à laquelle avait assisté la garde nationale , et on l'envoya à l'Assemblée Constituante avec une adresse où nous lisons ces mots : t M. rfe Saint-Just a prêté le serment civique, et il a » promis de mourir par le même feu qui a dévoré la pro- » testation, plutôt que de refuser sa soumission entière à » la Nation, à la Loi cl au Roi, »

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