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Un admirateur passionné de Saial-Just prétend que vc jeuae homme ne se borna pas à jurer qu'il était prêt à se jeter dans les flanmies et à y périr plutôt que d'oublier jamais son serment. Enc<M« tout plein des souvenirs de c^te République romaine dont 11 se figure être l'un des héroïques en&nts, Scœvola de collège , St-Just aurait placé sa main ouverte sur le brazier où se tordaient encore les derniers vestiges du libelle contre-révolutionnaire, et, plus fort que la douleur, il lassait dévorer ses chairs tout en prêtant serment. Alors le maire de Blérancourt, prenant cet héroïsme au sérieui^ , lui aurait dit : c Jeune
> homme , j'ai connu votre grand-père et votre bisayeul.
> Vous êtes digne d'eux ! Poursuivez comme vous avez
> commencé , et nous vous verrons à l'Assemblée Natio- » nale. » C'est un conte qu'un Jacobin de 1793 écrivit à la louange de Saint-Just, dont les traces subsistent dans les manuscrits de la fameuse Société , et qui ne mérite ni d'être démenti, ni d'être réfuté.
Quand au 10 juillet 1790, toute la France envoya à cette fameuse fête de la Fédération , annîvei*saire de la première journée sanglante de la Révolution , de la prise de la Bastille , ses députations de gardes nationaux qui apprirent là l'effervescence, le tumulte, la révolte, Saint- Just, en sa qualité d'officier supérieur, conduisit au Champ-de-Mars les fédérés armés venus de Blérancourt. (i)
fl) Ici se place une anecdote, une histoire, si l'on veut, qui se trouve contée dans les Mémoires de M^e Dubarry. Si Ton en croit res Mémoires plus ou moins apocryphes , Tancienne maîtresse de Louis XV élait allée par curiosité , et acroinpapjnér de (ïuel(iu<'s
Au mois d'octobre suivant, nous le voyons prendre part aux opérations ^e Télection des juges du district de Chauny ; l'enthousiasme qu'il inspira le fit nommer, le 24 octobre, président de TAssemblëe électorale. Plus tard, on réleva au grade d'adjudant-général de la deuxième légion du district de Chauny.
ainis, visiter les travaux du Chaiup«de-Mars,— Hïe premier des ateliers nationaux, — où la mode mit la pioche et la pelle à la main des plus élégantes comme des plus dévergondées, du noble eC du faubourien, de Tcnfant et du vieillard; des femmes du peuple forcèrent la noble courtisane à travailler avec elles. La brouette lourde de terre fatigua bientôt les blanches et fines mains de M°><» Dubarry. Elle voulut sortir de cette bagarre ; mais séparée de sa compagnie , elle se trouvait dans le plus grand embarras , quand vint à passer un beau jeune homme qui , apercevant la dame et sa peine , fut droit h elle , lui ofMt galamment le bi'as et Taida à sortir de la foule. Il était spirituel , vif et beau diseur. La dame lui demanda son nom. Il s'api)elait Saint^Just. Ce nom ne rappelait aucun souvenir connu à Mo»e Dul)arry ; mais , en reconnaissance du service rendu , eUe le pria de vouloir bien la venir voir. Saint-Just fut alors forcé de demander à quelle si aimable personne il avait eu le bonheur d*avoir affaire. Quand Tanciennc favorite se nomma , elle crut voir Saint- Just comme tressaillir ; cependant il se présenta chez elle. Peut- Mre lui lut-il son livre d'Organl; car les Mémoires de M"»® Du- Iwrry traitent ce poème de « très-risqué. » Cependant, elle ne devait pas avoir Toreille chaste et pouvait tout entendre. La connaissance se poursuivait depuis quelque temps, sans doute au plus grand plaisir des deux amis , quand Saint-Just le démocrate eut , dans les salons de la dame, une altercation assez >ive avec le noble duc de Fronsac. On se dit de très-grosses clioses. Il s'agissait sans doute de iwlilique. Enfin on se l)rouilla. M»»® Dubarry penchait pour la noblesse et les idées qui se démolissaient. Le démolisseur Saint- Just ne revint plus , et il en voulait beaucoup de cette rupture à son ancienne amie.
Que faut-il croire do ce récit ?
Mais tant de ^cccs voat lui créer desenuemis qui s'aideront de son inconduite. On lui prépare une sourde oj^Kisition. D'ailleurs » l'exaltation de sa pensée politique commence à effrayer ceux même qui s'étaient le plus engoués de sa jeunesse, de ses grandes qualités, de son éloquence, et ne savent maintenant où s'arrêtera cette ambition précoce qui ne connaît pas d'obstacle et franchit à pas de génnt la carrière à peine ouverte. Nous allons assister à une lutte dans laquelle Saint-Just sera vaincu.
L'Assemblée Constituante a accompli son mandat. On prévoit le moment où elle se séparera , laissant la place à une Assemblée nouvelle chargée d'écrire les lois organiques dont le principe a été déposé dans le pacte social auquel la Nation a prêté serment. Des élections s'apprêtent. Dans sa lettre à Camille Desmoulins, Saint-Just a annoncé ses prétentions. Il ne vise à rien moins qu'au mandat de député. Excité par sa réussite de deux ans , il espère encore réussir une fois de plus. Quelle que fût son outrecuidante confiance en lui-même , il crut nécessaire de frapper un grand coup. 11 sentait le besoin de faire preuve d'une capacité qui fit taire les opposants et en même temps rassurât les timorés. Sous la forme d'une brochure très longue , importante au double point de vue de la forme et de la pensée , il écrivit sa profession de foi, son manifeste électoral que nous allons étudier avec attention et non sans fruit, nous l'espérons.
Le 23 juin 1791 , le Moniteur annonçait un nouveau livre intitulé : c Esprit de la Révolution et de la Constiiu- » tion en France y par Louis-Léon de Saint-Just, électeur
» du département de TAisue pour le canton de Bléran- > court pour le distinct de Chauny. i
C'est la seconde fois que les productions littéraires de ce jeune homme apparaissent sur le grand théâtre de la publicité; mais le livre de l'Espriê de la Révolution et de la Constitution , écrit à si peu de distance à'Organt , et si différent d'Organt, a été contesté ù Saint-Just par le rédacteur de la table du 3foniteur^ et, à la suite de celuici , par quelques-uns de ces biographes qui semblent ne s'être donné d'autre mission que celle de copier et de propager, sans les discuter, sans les apprécier, les vérités aussi bien que les erreurs mises en avant par leurs devanciers. Nous avons donc besoin de prouver, avant tout , la paternité de cette importante brochure.
La Table du Moniteur attribue V Esprit de la Révolution et de la Constitution à un certain chevalier Louis-Léon de Saint-Juste, et lui donne la date erronée de 1792. M. Albeit Maurin va plus loin dans un livre de pacotille intitulé : c Galerie historique de la Révolution » ; il dit, sans énoncer sur quelles preuves il s'appuie, qu'on attribue à tort à Saint-Just la brochure en question; elle est d'un certain Louis-Léon de Saint-Juste, marquis de Fontevieille. D'autres biographes n'ont jamais entendu parler de Y Esprit de la Révolution et n'en disent rien. Nous ne voyons guères que les rédacteurs anonymes de la Biographie de Leipsick et ceux de la Biographie Michaud, qui paraissent connaître le livre et le comptent parmi le bagage littéraire de Saint-Just.
Eux seuls avaient raison. Les autres semblent ne pas savoir qu'au lieu de s'appeler seulement Antoine de son
nom de baptême , Saint-Just possédait quatre prénoms : Louis-Léon-Antoine-Florelle. Ils lui en ont retiré deux pour en gratifier, le dédoublant ainsi, un personnage de leur création , un nouveau chevalier de Saint-Juste, et de la sorte ils ont privé l'histoire d'un document très important et qu'elle réclame comme sujet d'études. Le rédacteur de la Table du Moniteur n'avait pourtant qu'à lire jusqu'au bout les titres et qualités dont , à la page 174 du volume de 1791, le rédacteur du journal déjà officiel avait Ëiit suivre le nom de l'auteur dont on annonçait l'ouvrage. U y aurait trouvé la qualité d'électeur du canton de Blérancourt: c'était là une preuve irréfragable.
On en trouve une autre tout aussi sérieuse dans l'avant-propos de Ist brochure. Saint-Just y parle d'un certain Thuillier, secrétaire de la municipalité de Blérancourt, et que nous retrouverons dans la suite de cette étude, tyrannisant, effrayant la ville de Chauny que, en 1794, Saint-Just lui livra pieds et.pohigs liés. C'est une lettre écrite à ce Thuillier par un Anglais « philantrope, » à propos de la cérémonie où la municipalité de Blérancourt brûla en grande pompe la Déclaration du Clergé , qui inspira à Saint-Just, celui-ci nous l'apprend lui-même, la première idée de V Esprit de la Révolution et de la Constitution.
Une troisième preuve de la paternité de Saint-Just et pour nous tout aussi complète que les deux aulres, c'est ré[)igraphe empruntée par lui à Montesquieu. Montesquieu était son auteur de prédilection. 11 le lisait et relisait sans cesse; il le savait par cœur; il le citait à tout propos. C'est encore une épigraphe de Montesquieu qu'il
écrira, en 1793, en tète de ses Fragments sur Us.InstUutiens . C'est là une signature probante , après laquelle il n'y a plus à douter, quand même le style dogmatique des Fragments et des discours ne se reconnaîtrait pas déjà dans la brochure de V Esprit de la Révolution.
Nous recherchons nos preuves avec un soin tout particulier, avec une attention minutieuse que Ton comprendra si nous disons que Y Esprit de la RévoluHoHf second acte de la trilogie littéraire de Saint-Just, ne resseml^ ni à son frère aine , ni à son frère puiné , ni à Orffont^ ni aux Fragments. U ne iHt)cède pas plus de Tidée libertine qui a engendré les vers salement erotiques de VOrgantf quMl n'a préparé l'idée profondément socialiste et communiste des Fragments. Ordinairement, la première œuvre d'un écrivain annonce et fait pressentir toute la série de ses productions futures ; elle les contient en germe, moins les développements, le talent, la per^ feciion apportés par l'âge et les sévérités de l'étude. Ici, nous ne soupçonnons pas la connexité. S'il y a eu une idée commune, nous n'en avons pas découvert la trace. Quoique les trois œuvres ne se précèdent l'une l'autre qu'à un très court intervalle, — décembre 1789, — juin 1791 , — 1792 et 1793, — la première est séparée de la seconde par un abime de modération, comme la seconde l'est de la troisième par un abime de folie.
Dans Organt , nous avons vu l'écrivain nier Dieu , couvrir d'insultes la religion de ses pères et d'opprobres la royauté. Dans V Esprit des Institutions^ il semble qu'il se soit repris a croire à tous ces grands principes bases des sociétés. Dans \e^ Fragments, au contraire, la religion, la
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royauté, les iusiitulions qu'un an plus tôt il proclamait bonnes et utiles , redeviendront l'objet de ses négations et de ses mépris ; il les â renversées pour les remplacer par des créations socialistes dont nous avons vainemeni cherché le germe au milieu des nombreuses dissertations philosophiques de Y Esprit de la Révolution , chef-d'œuvre de raison , si on compare ce livre à ceux qui l'ont précédé et suivi.
D'où vient celte incohérence d'idées? Faut-il penser qu'en rêvant sous les épaisses et vertes charmilles qui bordaient le jardin de son père, Saini-hist, seul à seul avec sa conscience, regrettait les dévergondages d'Orffant , les violences de sa très première jeunesse? Instruit par une fréquentation plus intime des hommes, par un commencement d'expérience , faisait-il un retour sincère vers la raison? ou, forcé par les nécessités de son rôle, comprenait-il qu'il ne fallait point effrayer les électeurs auxquels il songeait déjà à demander un mandat séiieu\ et qu'ils refuseraient à un exagéré? Qui oserait hasarder de répondre et sonder les profondeurs de ce cœur si jeune et déjà si plein de mystères?
C'est ce peu de connexité entre les trois ouvrages d(î Saint-Just, et surtout entre VOrgant et V Esprit de la liévolution, qui a gêné les biographes. Us n'ont pas trouvé le fil d'Ariane qui put les conduire sûrement dans les dédales inextricables des variations de ce jeune cœur. Pour se tirer d'affaire , ils ont inventé un second Saint- Just, ce qui était plus commode et plus facile que de lire ilixns la pensée, livre clos du seul et vrai Saint-Jusl.
La brochure intitulée Esprit de ta RévotiUion et de la
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Conslilution en France , d(^bute par un court avant-propos, où l'auteur expose sa ferme croyance en une révolution générale de toute TEurope , révolution enfantée par celle de la France et que tous les efforts du despotime seront impuissants à arrêter. Nous connaissons ces illusions; nous les avons vu renaître au début d'une récente révolution. Parce que la France s'agite et se précipite vers la démagogie, n'est-il pas naturel, nécessaire même, que le monde eniier devienne démagogue?
En présence de cette révolution universelle et fatalement forcée , Saint-Just veut étudier la cause de la révolution de France , prévoir sa suite , lui assigner un terme, en un mot écrii*e l'histoire de son passé et de son avc»nir. Suivant lui, on a beaucoup parlé à propos de celte histoire « et la plupart n'en ont rien dit. Je ne sache » point, » écrit-il dans vsa naïve assurance de jeune homme, « que quelqu'un jusqu'ici se soit mis en peine » do chercher dans le fond de son cœur ce qu'il avait de » Vertu pour connaître ce qu'il méritait de liberté. » Je ne prétends faire le procès à personne; tout homme » fait bien de, pcnsiîr ce qu'il pense ; mais quiconque » parle ou écrit doit compte de sa Vertu ù la cité. » De ces lignes, il résulte pour nous que Saint-Just, fier de sa vertu, se croit le seul apte à écrire, le seul digne d'é( rire. Qu'(^st-ce donc que cette vertu dont nous trouverons le nom si souvent sous sa plume, ce mot que cent fois nous avons renconi ré dans les pages de Montesquieu , le maître de Suini-Jusl, son chef d'école, ou de Mably (jui a oublié de le définir? Est-ce la force des anciens, virftis? Est-ce l'expérience? Est-ce la perfection? Faut-il
chercher et croire avoir trouvé cette désh^able définition dans cette phrase de Saint-Just : c N'attendez de moi ni
> flatterie, ni injure (ô législateurs); j'ai dit ce que j'ai » pensé de bonne foi ; je suis très jeune ; j'ai pu pécher » contre la politique des tyrans , blâmer les lois fameuses » et des coutumes reçues ; mais parce que j'étais jeune ,
> il m'a semblé que j'en étais plus près de la Natw*e. » Plus tard, en 1793, il s'écriera dans un de ses discours : « Les révolutions marchent de faiblesse en audace et d(^ 1» crime en Vertu/,». »
Cette veriu de Saint-Just, il en paiie à chaque instant.
> Je me suis cherché moi-même ; membre du souverain , » j'ai voulu savoir si j'étais libre et si la législation méri- • tait mon obéissance. Dans ce dessein, j'ai cherché le
> principe et l'harmonie de nos lois et je ne dirai point ,
> comme Montesquieu , que y ai trouvé sans cesse de nou- » velles raisons d'obéir j mais que j'en ai trouvé pour » croire que je n'obéirais qu'à ma vertu, » C'est là une absti*action , un être de raison; c'est là seulement un prétexte de résistance, de révolte. Ce n'est qu'un de ces mots sonores parce qu'ils étaient creux et vides, dont cet homme abusa toute sa vie , dont il eut le secret, nous le verrons , et qu'il s'essaie à faire chatoyer pour éblouir ceux qui s'arrêtent à l'apparence.
Renonçant à essayer de comprendue un mot qui nç (îouvre pas une idée, mais un prétexte, nous allons suivre l'écrivain et chercher si dans son livre nous trouverons cette pensée que des mots ambitieux ne contenai(îut pas.
La premiiîrtt partie du livre renferme une étude des
failvS. Saiiit-Jiisl y traite des pressentiments de la Révolution, des inirigujs de la cour, du peuple et des factions de Paris, du genevois Necker, de Lafayelte, de l'Assemblée Nationale.
Aux veux de Saint-Just , « les révolutions sont moins • un accident des armes qu'un accident des lois. > La Révolution française n'était point indispensable, t Le nerf ) des lois civiles avait maintenu et maintenait la tyrannie » depuis la découverte du Nouveau-Monde; ces lois ) avaient triomphé des mœurs et du fanatisme. > Mais les parlements, orçanesdes lois et menacés dans leur existence , se mirent ù la place de la loi et portèrent le premier coup ;\ la tyrannie.
Ces aveux de Saint-Just sontpi*écieux à recueillir. Rien n'est naïf comme ces révolutionnaires. C'est ainsi que Babœuf, dans son fameux Rapport au Comité des Egaux , reconnaît aussi voloniairement , spontanément, inutilement , que le peuple français n'avait pas de sérieux motifs pour faire sa révolution ; il n'était pas plus malheureux que d'autres peuples , moins malheureux même.
Après avoir si cruellement condamné la part fâcheuse que prirent les parlements mus seulement par une rivalité de corps et de pouvoir, par le regret de leur influence l>olitique compromise , diminuée, à la veille de se perdre, Saint-Just, ce descendant immédiat de la philosophie du dix-huitième siècle, va condamner non moins durement les philosophes auxquels il attribue une large part dans les événements récents. « Ajoutez à cela que le génie d(i » quelques philosophes do ce siècle avait remué le carac-
> lèro public et formé des gens de l)ii»n, ou da inaeiméa^ » également fatals à la tyrannie. • Ci*s causas brutaU^ ment apparentes devaient nécessiriri'ment frapper ve\ esprit prématurément observateur et attentif; maison ne devait pas attendre de lui des aveux échappés à sa jeun(»sse, la jeunesse heureusement impartiale et qui nt» songe point encor^s par système, soit à dissimuler les vices de ce qu'on aime , soit à prêter des perfections à l'objet, à rhomme ou au parti préférés. C'est là tout ce qu'il y a de curieux dans la recherche faite par Saint-Just dî.'S causes de la Révolution ; le reste est du domaine du vulgaire : Le peuple qui a faim, le peuple qui courbe sous le poids de Timpot, le peuple qui déteste les grands (|ull envie, et les grands qui slndignenl ccmtre les cris du peuple.
Mais le chapitre deuxième, intitulé des Intrigues de Cour, méi-ite une attention toute particulière. Il contient ime appréciation très bienveillante de Louis XVI , de la Heine, des Princes, et comme parallèle un portrait fin I>euple dépeint sous les couleurs et avec Uîs détails les plus inattendus. C'est à n'y point croire».
f La multitude est rarement tromp(»e, » dit Saint-Jiisi, ■page 4, 5 et 6.1 « Louis, simple au milieu du fast**, k ami de l'économie plutôt qu'économe, ami de la jns- * tîce, sans qu'il put être juste, quoiqu'on ait dit, quoi 1 f|u'ôn ail fait, a toujoui's été cru VA. Le ïK'Ufil»,* furieux » cnail dans Paris: Vive Henri IV î Viv.* Louis \VI ! 1 Pej-iss'nl Lamoipion et ks ministres î - Lou's ré;.Mjaii t '-n hftxnmf^ priv*'»: «lur et fnijral \Hi\iv lui s -ul . \)f",i<(\\V'
> *'\ f.iibk' avif lt'< autrs, parc^ qu il p<'n*^:jil U' hi^'ii, il
1 croyail io t'aiiv. il uieitait de rhéroïsmc aux petites » choses, de la mollesse aux grandes, chassait M. de » Moiubai'ey du ministère pour avoir donné secrètement t un grand repas , voyait de sang froid toute sa Cour t piller la finance , ou plutôt ne voyait rien , car sa so- » briété n'avait fait que des hypcci'iles. Tôt ou tard, cef pendant , il savait tout ; mais il se piquait davantage de » passer pour observateur que d'agir en roi. — Autant le
> peuple, juste appréciateur, voyait-il qu'on jouait Louis
> et qu'on le jouait lui-même, autant le chérissait-il par 1 malignité envei*s la Cour. La Cour et le Ministère qui 1 tenaient le Gouvernement , sapés par leur propre dé-*
> pravation , pur l'abandon du Souverain et par le mépris
> de l'Etat, furent à la fin ébranlés et la Monarchie avec » eux. »
Si ce n'est pas dans ces lignes qu'il faut aUer chercher Tardent ennemi de la royauté de 1792, le Saînt-Just du procès de Louis XVI , il faut reconnaître que c'est encore là , en grande partie du moins, la pensée qui s'est manifestée plusieurs fois dans Organty lorsque Saint-Just par-* laii du roi. Mais quel contraste entre les insultes amères que sa poésie de 1789 déverse sur la reine , et la modération de pensée et de langage qui se montre dans ces 11^ gués : « Maiie- Antoinette, plutôt trompée que trom- » peuse , plutôt légère que parjure , appliquée toute » entière aux plaisii*s , semblait régner à peine en » France , mais à Trianon ! » Qu'est devenue la harpie à la bouche mâchant des lingots , la goule au cœur sec et avide, aux yeux sanglant'^, aux ardeurç impudiques, offerte par YOi'ffanl a la haine el aux mépris!