‹ Saint-JustChapitre 21 sur 60 · avr · texte numérisé non relu

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la loi n'est souvent autre chose que la volonté de celui qui l'impose. On a le droit de résister aux lois oppressives... « Seulement la formule impérative n'est pas remplacée, sa définition lui m.anqua.

L'autorité, le laconisme et la précision ne rendent pas compte à eux seuls des moyens de Saint- Just. Il usa en maître d'une autre forme : la violence. Energie péremptoire et stridente, choix furieux et cassant des expressions d'autorité, science, goût et prestige des voies irrésistibles, charmes pour infuser la dictature et rendre un mouton despote, joint à des étrangetés d'élocution, une recherche violente et précieuse et comme une élégance de la furie, qu'il prit on ne sait où, et demeure son originalité séduisante ou odieuse. Voici comment il préconise et dans quel esprit sera voté le gouvernement révolutionnaire.

Il est temps d'annoncer une vérité qui désormais ne doit plus sortir de la tête de ceux qui gouvernent : la République ne sera fondée que quand la volonté du souverain comprimera la minorité monarchique, et régnera sur elle par droit de conquête.

Vous n'avez plus rien à ménager contre les ennemis du nouvel ordre de choses et la liberté doit vaincre à tel prix que ce soit.

Il n'y a point de prospérité à espérer tant que le dernier

ennemi de la liberté respirera ; vous avez à punir non seulement les traîtres, mais les indifférents mêmes ; vous avez à punir quiconque est passif dans la République et ne fait rien pour elle ; car, depuis que le peuple français a manifesté sa volonté, tout ce qui lui est opposé est hors le souverain, tout ce qui est hors le souverain est ennemi. Si les conjurations n avaient point troublé cet empire, si la patrie n'avait pas été mille fois victime des lois indulgentes, il serait doux de régir par des maximies de paix et de justice naturelle : ces maximes sont bonnes entre les amis et la liberté, mais entre le peuple et ses ennemis il n'y a plus rien de comm.un que le glaive. Il faut gouverner par le fer ceux qui ne peuvent l'être par la justice : il faut opprimer les tyrans ^.

Et ce n*est qu'un début. Ce rôle d'accumulateur de la force, il ne cessera de le remplir avec tout son être, tous ses nerfs et tout son talent. Organe du Comité, le Heu de l'énergie, il apporte avec lui la dictature dans ses vêtem.ents :

Le législateur commande à l'avenir ; il ne lui sert à rien d'être faible. C'est à lui de rendre les hommes ce qu'il veut qu'ils soient.

De là un vocabulaire dont chaque terme violente. L'âpreté nécessaire y est une redite. Il rappellera ses collègues à « la véhémence d'un

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