MiNUCius FÉLIX, Octavlus
dieu: son existence et ses attributs 163
ceptible de tout devenir, sans le Créateur n'aurait revu ni distiiiclion, ni figure, ni ornement. Or nous n'estimons pas la poterie plus que l'ouvrier qui l'a faite, ni le vase d'or plus que l'orfèvre qui l'a forgé; mais si l'objet est artistcment fait, nous louons l'artiste et c'est lui qui retire toute la gloire de son œuvre. De même quand il s'agit de la matière et de Dieu, ce n'est pas à la matière que revient l'hontieur pour l'ordre et la beauté du monde, mais à Dieu qui l'a organisée... » Le monde, certes, est remarquable par sa grandeur, sa disposition et sa forme; ce n'est pas lui pourtant, c'est son auteur qu'il faut adorer. Ceux qui viennent vous trouver en suppliants, ô empereurs, ne négligent pas de vous rendre hommage, à vous, princes et seigneurs, qui pouvez leur obtenir ce qu'ils demandent, pour s'adresser à la majesté de votre palais. Ils parcourent du regard la résidence impériale et ils en admirent la belle ordonnance ; mais c'est à vous qu'ils rendent tous leurs honneurs... Ou encore, si le monde est un instrument harmonieux, aux mouvements bien rythmés, c'est l'auteur de l'harmonie et non l'instrument que j'adore. Il n'est pas d'usage que, dans un concours, le jury néglige les citharistes pour couronner leurs cithares (1). »
Ces divers développement-^ en reviennent tous à réclamer l'existence d'un principi' divin, indépendant de la matière et supérieur à elle. Nos Apologistes même conçoivent ce Dieu comme tellement transcendant