‹ Saint Justin et les apologistes du second siècleChapitre 12 sur 257 · INTRODUCTION XVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XVII

vent même signaler les désordres de leur conduite privée (1). Cette tactique agressive est parfois poussée jusqu'au dénigrement, jusqu'à l'injustice, notamment par Tatien, qui trouve une visible satisfaction à bafouer la pensée et la civilisation grecques (2).

Il y a là une incontestable outrance : les docteurs de l'Eglise seront un jour plus équitables, plus attentifs à dégager les éléments impérissables de la culture antique. Cependant la tactique des Apologistes peut se justifier, non seulement comme une défensive légitime, mais comme une critique légitime aussi. Ils ont été de redoutables polémistes, et mieux encore, d'efficaces exterminateurs d'erreurs.

Enfin les Apologistes avaient à justifier la foi chrétienne en exposant ses titres de crédibilité. Cette tâche proprement apologétique, au sens actuel et strict du mot, est celle qui occupe le moins de place dans leurs écrits; chez quelquesuns même, elle est à peu près complètement ab-

1. A. Plech, p. 21, a indiqué ce que ce thème des Apologistes doit aux païens eux-mêmes. C'était, semble-t-il, un lieu commun dans les Exhortations à la philosophie (llpoTpfVTiKoi \6yoi) de réfuter l'objection que le vulgaire tirait du désaccord des philosophes. « Les Apologistes n'avaient en quelque sorte qu'à prendre, dans ces sortes d'ouvrages, l'exposé de l'objection en laissant de côté la réfutation. 11 en était de même de l'argumentation qui consiste à opposer aux philosophes les inconséquences ou les faiblesses de leur vie. Or il y a d'autres indices assez clairs que les premiers Apologistes, Justin et Tatien, n'ont pas été sans connaître toute cette littérature des Protrcptlqius. »

2. En cela encore les écrivains chrétiens avaient un modèle dans le ton ordinaire de la prédication cvnique. PuECH, p.

Justin. a

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