‹ Saint Justin et les apologistes du second siècleChapitre 135 sur 257 · Ibid., II · texte numérisé non relu

Ibid., II

Il résulte de ces citations que les Apologistes ont reconnu, dans l'indissoluble unité de l'être divin, trois termes différents, trois personnes distinctes : ce qui constitue l'élément fondamental de la Trinité chrétienne.

Sur la nature des personnes divines et les relations qu'elles ont entre elles, les Apologistes ne sont pas également explicites. C'est ainsi qu'ils n'ont pour ainsi dire pas de doctrine sur le Saint-Esprit. A peine nous dit-on çà et là qu'il est l'inspirateur des écrits prophétiques : encore cette fonction est-elle parfois attribuée au Verbe (1). Nous avons vu qu'Athénagore en fait un «écoulement» de la substance divine — tellement qu'on a pu l'accuser de confondre l'Esprit avec le Père. Tatien l'appelle « l'image et la ressemblance de Dieu ». Il lui attribue encore un rOle important, mais mal éclairci, dans la sanctification de l'àme (2j. Seules donc les formules trinitaires attestent que les Apologistes ont admis la personnalité du Saint-Esprit, comme celle du Père et du Fils.

En revanche, leur théologie du Logos est très étendue et très complète. Justin l'appelle le « premier-né de Dieu » (3), le prince « le plus puissant et le plus juste après le Dieu qui Va engendré » (4), « son Fils, le seul qui soit appelé proprement Fils, le Verbe existant arec lui et engendré avant les créatures, lorsque, au commencement, il fit et ordonna par lui toutes choses » (5). Dans deux passages du Dialogue,

1. Compaier Justin, ApoL, I, 31, 32 avec I, 33; 'L'uko- PHiLE, ad AutoUjc. II, 10 avec II, 22, 30 et .33.

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