Tatien Oratio, 5; trad. Puech (Paris, Alcani p
Fils. Les poètes, dans leurs mythes, font des dieux qui ne sont pas meilleurs que les hommes ; nous sommes loin d'avoir les mêmes sentiments sur Dieu le Père et son Fils. Le Fils de Dieu, au contraire, est le Verbe de Dieu en idée et en énergie. Car c'est de lui et par lui que toutes choses ont été faites, le Père et le Fils étant un. Comme le Fils est dans le Père et le Père dans le Fils par l'unité et la puissance de l'Esprit, le Fils de Dieu est l'intelligence et le Verbe du Père. Si vous poussez la curiosité jusqu'à demander ce qu'est le Fils, je vous dirai en peu de mots que c'est le premier être engendré par le Père. Non pas qu'il ait été fait : depuis le commencement, Dieu, qui est l'intelligence éternelle, avait en lui le Verbe, puisqu'il est éternellement intelligent; mais il est sorti pour être l'idée et la force de tous les éléments matériels, qui gisaient comme une matière confuse et une terre informe, les plus denses mêlés aux plus légers. L'esprit prophétique confirme cette doctrine quand il dit : « Le Seigneur 7n'a créé au commencement de ses voies en vue de ses œuvres » (1).
Ceci nous achemine à la distinction des deux états du Logos, que Théophile exprime d'une manière plus précise à l'aide de la terminologie stoïcienne.
« Dieu voulut créer l'homme pour se faire connaître à lui... Dieu donc, qui avait son Verbe immanent (èvà'tàôeroy) dans ses entrailles, l'engendra avec sa Sagesse, le proférant avant tou-