‹ Saint Justin et les apologistes du second siècleChapitre 141 sur 257 · Théophile, ad Autolyc, II · texte numérisé non relu

Théophile, ad Autolyc, II

les hommes inspirés, parmi lesquels Jean dit : « Ail commencement était h Verbe et le Verbe était auprès de Dieu ». Il montre par là que tout d'abord Dieu était seul, et en lui le Verbe. Ensuite il dit : « Et le Verbe était Dieu ; tout a été fait j)ar lui, et sans lui rien n'a été fait ». Le Verbe est donc Dieu et engendré de Dieu (1). »

Ainsi l'on voit que les Apologistes affirment la personnalité et la divinité du Verbe,, et leurs efforts vont à expliquer comment il est distinct du Père, sans cesser de lui être uni. Ils le placent infiniment au-dessus des créatures — et ceci suffit à les distinguer de l'arianisme. ^lais, en subordonnant son origine à la création du monde, ils le mettent dans un rang inférieur au Père.

A cette doctrine du Logos, saint Justin a voulu, donner une base scriptuaire plus étendue. Nous avons déjà entendu invoquer plus d'une fois le texte classique des Fro verbes sur l'origine de la Sagesse. Justin trouve dans l'Ancien Testament bien d'autres preuves, qui sont surtout des manifestations en acte du Verbe. Car, suivant un procédé connu d'interprétation, il attribue, non pas à Dieu ou à quelqu'un de ses anges, mais au Verbe, les principales théophanies de l'histoire biblique. Déjà, dans son Apologie, il apprend aux païens que c'est le Verbe qui s'est manifesté à. Moïse dans le buisson ardent, et il blâme les Juifs qui prétendent que c'est « le Dieu innommable », « le père et le créateur de toutes choses ». Il dit même que le Fils de Dieu s'est montré d'autres fois, « tantôt sous la forme du feu, tantôt sous une figure

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