‹ Saint Justin et les apologistes du second siècleChapitre 149 sur 257 · Ihid.. 44 et 45. Cf. Dialog · texte numérisé non relu

Ihid.. 44 et 45. Cf. Dialog

bien et de mal : on n'aurait, en effet, aucun mérite, si on ne pouvait se tourner d'un côté comme de l'autre. Une autre preuve, c'est qu'on trouve partout des législateurs et des philosophes, qui, suivant la droite raison, ordonnent de faire ceci ou d'éviter cela. Les Stoïciens euxmêmes, dans leur morale, tiennent ferme à ces lois, ce qui prouve évidemment qu'ils se fourvoient dans leur théorie sur les principes des choses et les êtres incorporels (1). »

L'homme est donc libre, et il est pour lui d'une souveraine importance de bien user de cette liberté, à cause de la vie future. L'immortalité de Tàme, impliquée dans ce raisonnement, est abordée ailleurs par Justin qui la justifie par les considérations suivantes.

« Si la mort aboutissait à détruire en nous tout sentiment, ce serait un avantage pour les méchants. jVIais puisque tous ceux qui ont vécu gardent le sentiment et qu'il existe mi chàtitiment éternel, ne négligez pas de croire et d'être convaincus que c'est la vérité. La nécromancie et l'inspection du cadavre d'enfants innocents, l'évocation des âmes humaines, les pratiques de ceux que les magiciens appellent envoyeurs de songes et de ceux qui les assistent, les opérations de ceux qui possèdent cette science, doivent être pour vous une preuve que, même après la mort, les âmes conservent le sentiment. De même encore les hommes qui sont sai-

1. Justin, Apol., Il, 7. Oa trouve aussi quelques mots contre le destin dans MiNUCius Félix, Octavius, 36.

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sis ot agités par les àiues des morts, et que tout le monde appelle démoniaques ou furieux; de même les prétendus oracles d'Amphiloque et de Dodono, de la Pythie et de tant d'autres ; de même reiiseignemeut des écrivains, d'Empédocle et de Pythagore, de Platon et de Socrate, la fosse d'Homère et la visite qu'y fit Ulysse, et tant d'antres témoignages analogues (1). »

Pour iittoindi'e cette destinée immortelle, l'homme trouve dans sa conscience une règle sûre de conduite, qui hii donne les éléments essentiels de la morale.

« Dieu met dans tous les hommes l'idée de ce qui est juste, toujours et partout...; tout le monde sait que l'adultère est im mal, ainsi que la fornication, le meurtre et antres choses semblables. Tous, il est vrai, commettent ces crimes ; mais ils ne parviennent pas à ignorer qu'ils font mal en les commettant, excepté ceux qui sont tellement remplis de l'esprit impur, tellement corrompus par une mauvaise éducation, une conduite vicieuse ou des lois criminelles, qu'ils ont perdu les notions naturelles ; ou plutôt ils les ont éteintes ou les laissent paralysées. Car il arrive de voir même ces hommes ne pas vouloir souffrir ce qu'ils font aux autres ou se reprocher entre eux leur propre conduite (2). »

Cette loi naturelle, les philosophes l'ont connue, mais d'une, manière imparfaite: c'est le Christ qui

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