‹ Saint Justin et les apologistes du second siècleChapitre 15 sur 257 · XXII SAINT JUSTIN ET LES APOLOGISTES · texte numérisé non relu

XXII SAINT JUSTIN ET LES APOLOGISTES

foi, qui dépasse la présentation catéchétique, celle dont le « Symbole des Apôtres » est le programme, au temps même de nos Apologistes. Une sagesse est substituée à l'Evangile, et cette substitution ne laisse pas d'être piquante, on l'a remarqué avant nous, puisqu'elle se produit à peine un siècle après que saint Paul a dénoncé la philosophie comme une illusion et prêché hardiment la ^< folie » et le « mystère » de l'Evangile. Les historiens modernes ont donc quelque apparence de droit à dénoncer dans l'œuvre des Apologistes une hellénisation du christianisme, une sécularisation (1).

Le seul tort de ces historiens, mais ce tort est capital, est de vouloir retrouver toute une théologie dans des affirmations qui ne pouvaient pas prétendre épuiser le sujet, et de considérer des plaidoyers occasionnels comme des « sommes ». On ne peut oublier que nos Apologistes ont écrit pour « ceux du dehors », pour les non-chrétiens, et avec le dessein de concilier au christianisme leur attention, leur sympathie : l'apologétique tient toujours des défauts de l'exorde insinuant. On s'explique ainsi que, sur les questions de doctrine, ils se contentent de généralités. On manquerait de sens historique, si on faisait aujourd'hui de leurs réticences des négations, ou si à la

1. C'est l'idée génératrice de tout le chapitre que M. Har- NACK consacre aux Apologistes, Dootnengeschichte, 3e édit. t. I (Leipzig; 1894), p. 455 et suiv. Voyez notamment p. 455- 462, p. 480 482 et p. 504-507. Cf. Précis de VJiist. d&s. dogmes (Paris 1893), p. 69-79. Mêmes vues chez Loofs, Leitfaden der Dogmcngcschîchte, 4'' édition (Halle 1906), p. 114-129.

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