‹ Saint Justin et les apologistes du second siècleChapitre 16 sur 257 · INTRODUCTION XXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXIII

moindre de Jours affirmations on donnait une valeur dogmatique {l\

Si donc le christianisme des Apologistes est réduit à une sorte de quintessence philosophique, et le fait n'est pas contestable, la cause n'en est pas à chercher dans une déviation de leur foi, comme si cette foi eût été en quête d'un christianisme dans les limites do la raison. Le public auquel ils s'adressaient leur imposait le genre qu'ils ont adopté et tout de môme la teneur de leur exposition. Il suffit de replacer les Apologistes dans le milieu qui fut le leur, pour s'en rendre clairement compte. Ainsi il est facile d'obserA'er que chez saint Justin lui-même, l'attitude dogmatique est sensiblement autre dans le Dialogue avec Tryphoii que dans les deux Apologies, à ce point que tel critique a cru pouvoir penser que le Dialogue n'était pas du même auteur que

1. C'est ce que M. Puech a bien marqué pour Tatien, quand il écrit que Tatien a eu l'idée nette que son Discours aux Grecs « ne pouvait être, ne devait être qu'une exhortation à la foi (irpoTpeirTiKÔs), et non un exposé de la doctrine ». Tout son dessein est de « disposer ses auditeurs ou ses lecteurs, en ruinant leurs anciennes croyances, en leur inspirant l'attrait de la croyance nouvelle, à demander, à recevoir un enseignement plus précis. C'est ce que confirment les paroles par lesquelles il termine son Discours : « Je m'offre à vous, je suis prêt à examiner avec vous mes doctrines, sans vouloir renier jamais la discipline selon Dieu. » Puech, Op. cit., p. 80. J. TiXERONT, Hisf. (les dogmes, t. I. p. 223-224. — M. Harnack est forcé de reconnaître d'ailleurs lui-même l'orthodoxie des Apologistes : il écrit : « Si nouvelle et étrange que fût la tentative de présenter le christianisme comme une philosophie, les Apologistes, pour autant qu'ils fussent compris, paraissaient d'accord avec le sentiment commun des chrétiens; ils ne choquaient pas les autorités, ils les défendaient plutôt; et ils n'introduisaient aucun élément ]X)sitif étranger », au contraire des giiostiques. Op. cit., p. 462.

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