A. Plech, op. cit. p. 68. Cf. p
« L'àme, dit-il, n'est pas immortelle; car si elle était immortelle, elle serait sans doute incréée. » Et il explique aussitôt que les âmes ont un commencement, tout comme le monde qui les renferme. Il entend bien, cependant, que les âmes ne périssent pas : ce serait un trop grand bénéfice pour les méchants. Elles attendent le jour du jugement. Alors les âmes jusles sont' l'écompensées par Dieu « et ne meurent plus »; les âmes pécheresses reçoi\ient un châtiment qui dure « tant que Dieu veut qu'elles existent et soient punies ». Enfin le A-ieillard dégage en terminant le principe de tout son raisonnement : c'est que l'âme ne tient pas sa vie d'elle-même, mais de Dieu. Dès lors, « l'àme participe à la vie parce que Dieu veut qu'elle vive ; de même, elle n'y participera plus, aussitôt que Dieu ne voudra plus qu'elle vive... Lorsqu'il faut que l'âme cesse d'exister, l'esprit de vie se retire d'elle et l'âme n'est plus : elle revient elle-même au lieu d'où elle était venue (1). »
Il est aisé de voir que le problème ici discuté n'est pas, à proprement parler, celui de l'immortalité de l'àme, mais plutôt de la raison d'être de cette immortalité. Et, contre les Platoniciens, l'auteur démontre que cette immortalité n'est pas naturelle à l'âme — - ce qui équivaudrait, d'après lui, à lui reconnaître une nature diAàiie — mais qu'elle est due à la volonté de Dieu et perpétuellement dépendante d'elle. Il n'hésite même pas à admettre qu'il peut arriver un moment où l'âme cesse d'exister et il insinue que tel est le sort, après une expiation convenable, des âmes pécheresses. C'est d'ailleurs une question de savoir jusqu'à quel point saint Justin s'approprie, en les insérant en tète de son Dialomic, les idées de son interlocuteur. Mais il est impossible de méconnaître la parenté de cette doctrine avec celle de Tatien.