‹ Saint Justin et les apologistes du second siècleChapitre 155 sur 257 · Théophile, ad Autolyc, II · texte numérisé non relu

Théophile, ad Autolyc, II

Justin... i6

avait dit : « Faisons Vhomme », et l'on ne voyait pas ensuite qu'il fût fait. Voici donc ce que nous enseigne l'Ecriture : « Une source montait de la terre et arrosait toute la surface de la terre. Dieu façonna en lionune la poussière de la terre, et il^ souffla sur sa face un souffle de vie, et Vhomme devint une âme vivante » {Geti. ii, 6-7), D'où la 'plupart pensent que l'âme est immortelle (IV »

Cette conclusion pour le moins inattendue nous révèle déjà la pensée de Théophile, qui se trouve ailleurs expressément formulée.

« On nous demandera peut-être : l'homme étaitil mortel de sa nature? Nullement. Alors, il était immortel? Pas davantage. Mais alors, on va nous dire : il n'était donc rien ? Je ne dis pas cela non plus. Il n'était par nature ni mortel, ni immortel. Car si Dieu l'avait fait immortel dès le commencement, il l'aurait fait Dieu. D'autre part, s'il l'avait fait mortel. Dieu semblerait être la cause de sa mort. Il ne le fit donc ni mortel, ni immortel, mais, comme nous l'avons dit plus haut, capable de devenir l'un ou l'autre. S'il faisait ce qui mène à l'immortalité en observant le précepte de Dieu, il recevrait de lui l'immortalité comme récompense et deviendrait Dieu. Mais s'il se tournait vers les œuvres de mort en désobéissant à Dieu, il serait lui-même la cause de sa mort. Car Dieu a fait l'homme libre et capable de se conduire (2). »

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