‹ Saint Justin et les apologistes du second siècleChapitre 185 sur 257 · Ibid., S · texte numérisé non relu

Ibid., S

devaient se reposer en lui, c'est-à-dire finir avec lui, de sorte que dans votre race désormais il n'y aurait plus, comme autrefois, de prophètes. C'est ce que vous pouvez voir de vos propres yeux : après lui, il n'y a pas eu absolument un seul lU'ophète parmi vous (1). »

Aux yeux de saint Justin, donc, les mêmes textes prophétiques qui prouvent que Jésus est le Messie établissent aussi qu'il est Dieu. Pour lui, l'une et l'autre vérité ressortent avec une égale évidence de l'Ancien Testament. On ne saurait dire si cette exégèse fut bien efficace, au second siècle, en fruits de conversion; mais il est à peine besoin d'observer qu'elle? paraîtrait aujourd'hui trop peu convaincante.

Sur l'œuvre de Jésus-Christ comme sur sa personne, Justin est encore le seul à nous donner des renseignements de quelque étendue. Les Apologistes donnent du Christianisme une notion principalement philosophique et intellectuelle : d'où il suit qu'ils semblent estimer avant tout son fondateur pour son œuvre de doctrine et de vérité. Encore faut-il remarquer qu'ils attachent beaucoup d'importance aux écrits des Prophètes et qu'ils rapportent cette communication de la vérité beaucoup plus au Logos qu'à la persoruie historique de Jésus. Justin adopte, lui aussi, cette idée générale ; mais en même temps, il la dépasse et la complète.

Tout d'abord, Justin est loin de déprécier la valeur doctrinale du Christianisme; mais il la rattache toujours à Jésus-Christ. C'est lui qu'il appelle perpétuellement « notre maître »; c'est en lui qu'il se

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