‹ Saint Justin et les apologistes du second siècleChapitre 189 sur 257 · Ibkl · texte numérisé non relu

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le sang du Sauveur (1). Il trouve dans l'Ancien Testament des types de cette Passion salutaire : le bouc émissaire, l'agneau pascal, les oblations légales, l'étoffe rouge qui sauva la maison de Raab (2). Tryphon, cependant, est surtout scandalisé par la croix, parce que, dans la Loi, ce supplice est frappé de malédiction (3). C'est la vieille objection rabbinique : Justin la réfute longuement, et cette réponse l'amène à mettre plus que jamais en évidence le caractère expiatoire de la mort du Sauveur.

« ... De même que Dieu a pu ordonner de dressor l'image du serpent d'airain (malgré la prohibition légale) sans qu'il y eût une faute de sa part, ainsi la Loi contient une malédiction contre les crucifiés; mais la malédiction ne s'applique pas au Christ de Dieu, par lequel il sauve tous ceux qui avaient commis des actes dignes de malédiction. Car tout le genre humain se trouve soumis à la malédiction. D'après la loi de Moïse, en effet, celui-là. est a.ppelé maudit, « qiti ne se tient pas fidèle à tous les préceptes de la Loi ))our les observer » (Dent, xxvii, 26). Or personne ne les a observés exactemeiîl, vous-mêmes vous ne pouvez pas le nier; chacun les a gardés de son mieux, qui plus, qui moins. Mais si ceux qui étaient soumis cà cette Loi sont évidemment sous le coup d'une malédiction pour ne pas en avoir suivi toutes les observances, n'en sera-t-il pas de même, à plus forte raison, pour tous les peuples qui pratiquent l'idolâtrie, la pédérastie et autres

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