‹ Saint Justin et les apologistes du second siècleChapitre 194 sur 257 · Justin, ApoL, I · texte numérisé non relu

Justin, ApoL, I

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li|<"'me qui avait lounuenté saint Paul. Cependaiil. la qucslion du .liidaïsmc t^c poîsail L'ucure, ol d'abord à cause des Juifs ([uo parfois ou essayail encore de convertir ou qui entraient eux-niènies eu discussion avec les docteurs clu-éliens. Ainsi l'entretien de saint JiLstin avec un ralibin juif, qui fait le fond du Dialogue avec Tryphon, paraît bien répondre à une réalité. Les païens aussi, après; avoii' lonçttemps confondu les deux religions, se demandaient quebfuefois pourquoi les chrétiens avaient roini)u avec les Juifs. Enfin cl surtout, les chrétiens eux-niènies, du moment qu'ils admettaient l'Ancien Testament, se devaient expliquer le sens du culte qu'ils prétendaient supplanter. \'oil;'i pourquoi les Apologistes allaient reprendre la criti([ne du Judaïsme.

Lorsqu'ils s'adressent aux païens, les Apologistes ne manquent pas de mettre les Juifs au-dessus des autres peuples, parce qu'ils ont connu le \Tai Dieu; mais en ajoutant qu'ils ont compromis cette foi par leurs vaines observances. De cette attitude, empreinte à la fois d'un respect fraternel et d'une excessive sévérité, Aristide est un des premiei-s représentants.

« Les Juifs disent que Dieu est unique, créateur de l'univers et tout-puissant, et qu'il n'est pas dans l'ordre d'adorer autre chose que Dieu seul. Et de ce chef, à mon avis, ils se rapprochent de la vérité plus que les autres peuples, parce qu'ils adorent Dieu et non ses œuvres, lis cherchent de plus à devenir semblables à Dieu par l'amour des hommes qu'ils manifestent, en s'apitoyant sur les pauvres, délivrant les prisonniers, enterrant les morts, et autres choses ana-

lègues, agréables à Dieu et aux hommes... Cependant eux aussi ont dévié de la vérité, et ils croient adorer Dieu; mais leurs œuvres sont plutôt pour les anges que pour Dieu, lorsqu'ils observent le sabbat et la nouvelle lune, la Pàque et le grand jeûne, la circoncision et la pureté des mets (1). »

Beaucoup plus nette est la pensée de l'auteur de VEpître à Diognète et beaucoup plus vive son opposition : il va jusqu'à équiparer à l'idolâtrie le culte que les Juifs rendaient à Dieu.

« Je suppose que tu es ensuite très désireux de savoir pourquoi les chrétiens ne pratiquent pas la religion des Juifs. Les Juifs donc, en tant qu'ils s'abstiennent du culte païen dont je viens de parler, font bien d'adorer un seul Dieu et de le regarder comme le maître de toutes choses; mais lorsqu'ils lui rendent des hommages semblables à ceux dont je parlais tout à l'heure, ils sont dans l'erreur.

» Les Grecs, en effet, en faisant leurs offrandes à 'ûes idoles inanimées et sourdes, font preuve d'aberration; les Juifs imaginent d'offrir les mêmes choses à Dieu comme s'il en avait besoin : on dirait de la folie plutôt que de la piété. Celui qui a fait le ciel et la terre avec tout ce qu'ils renferment, qui nous distribue tout ce dont nous avons besoin, n'a lui-même besoin d'aucune offrande, puisque c'est lui qui les fournit à celuilà même qui pense les lui donner. Ceux-là donc

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