‹ Saint Justin et les apologistes du second siècleChapitre 217 sur 257 · Tertullien, Apologet.. .39. Cf. Turmel, p. i · texte numérisé non relu

Tertullien, Apologet.. .39. Cf. Turmel, p. i

LA VIE CHRÉTIENNE 2HiJ

n'adorent pas dos idoles à forme hiiinaiiie; ce qu'ils ne voudraient pas (lue les autres leur fassent, ils se gaidciit eux-mêmes de le faire; ils ne mangent pas les viandes immolées aux idoles, parce (ju'ils sont purs. Ils accueillent leurs persécuteui*s et s'en font des iimib; ils font du bien à leurs ennemis ; leurs femmes sont pures comme des vierges et leurs filles sont chastes ; leurs hommes s'abstiennent de toute liaison illégitime et de tonte souillure, dans l'espoir d'une rétribution dans l'autre vie. Si l'un ou l'autre a des serviteurs, des servantes ou des enfants, par amour pour eux, il les exhorte à devenir chrétiens ; et lorsqu'ils le sont devenus, il les appelle frères sans hésiter. Ils n'adorent pas les dieux étrangers ; ils vivent en toute humilité et charité. On ne trouve pas chez eux de mensonge; ils ne détournent pas leur Visage des veuves ; ils protègent l'orphelin contre la violence; et celui qui a donne sans envie à celui qui n'a pas.

» Lorsqu'ils voient un étranger, ils le conduisent dans leur demeure et se réjouissent comme si c'était un véritable frère. Car ils ne s'appellent pas frères selon la chair, mais selon l'esprit et en Dieu. Lorsqu'un pauvre quitte cette terre, chacun Suivant ses moyens prend soin de l'ensevelir. Lorsqu'ils apprennent que quelqu'un des leurs est prisonnier ou persécuté pour le nom du Christ, ils se préoccupent de ses besoins, et le délivrent, s'il est possible de le délivrer. Si quelqu'un est pauvre et besogneux et s'ils n'ont pas de superflu, ils jeûnent deux ou trois jours pour nourrir les indigents de leur nécessaire.

Ils observent avec soin les préceptes du Sauveur; ils vivent dans la justice et la pureté, comme le Seigneur Dieu leur a prescrit. Tous les matins et à toutes les heures, ils louent et bénissent Dieu pour ses bienfaits, et pour leur nourriture et leur boisson ils leur disent merci. Si un juste des leurs quitte ce monde, ils se réjouissent et bénissent Dieu; et ils accompagnent son corps, €omme s'il voyageait seulement d'un lieu dans un autre. S'il leur naît un enfant, ils se réjouissent; et s'il arrive qu'il meure pendant la première enfance, ils remercient Dieu grandement, vu qu'il est passé dans le monde sans péché. S'ils voient, en revanche, que quelqu'un d'entre eux meure dans son impiété et dans ses fautes, ils pleurent amèrement sur lui et gémissent comme sur quelqu'un qui court au-devant du châtiment.

» ...Les bienfaits qu'ils répandent, ils ne les publient pas aux oreilles de la foule et ils sont attentifs à ce que personne ne les remarque. Ils cachent leurs dons comme celui qui trouve un trésor et le cache. Et ils s'efforcent ■d'être justes comme des hommes qui espèrent voir leur Messie et recevoir de lui avec grandes louanges les promesses qu'il leur a faites... Les chrétiens sont justes et pieux, et la vérité se tient devant leurs yeux, et leur âme est magnanime. Voilà pourquoi, connaissant l'erreur des Grecs, lorsqu'ils sont frappés par eux, ils sont patients, ils les supportent avec une inépuisable indulgence. Ils prient même pour eux afin qu'ils reviennent de leur erreur. S'il arrive que l'un d'entre eux revienne, il rougit devant les chrétiens des actions

qu'il a faites. 11 reconnaît Dieu en disant : J'ai fait cola par ignorance. Et il purifie son cœur, et ses pécliés lui sont pardonnes, parce qu'il les a conunis par ignorance dans le passé, alors qu'il méprisait la vraie foi dos chrétiens. Et certainement, heureux est le peuple chrétien parmi tous les hommes qui habitent la terre ! {!) »

La note apologétique est encore plus accentuée dans VEpître à Diognètc.

<^ Les chrétiens ne se distinguent des autres hommes, ni par le pays, ni par la langue, ni par les mœurs. Ils n'habitent pas des villes qui leur soient propres, ils n'usent pas d'une langue spéciale, ils ne mènent pas une vie à part... Mais s'ils habitent les cités grecques ou barbares, selon que la naissance les a placés; s'ils sitivent les habitudes locales en fait de vêtement, de nourriture et autres usages, ils nous offrent l'exemple d'une vie étonnante et véritablement incroyable. Ils habitent leur propre patrie, mais comme des voyageurs. Ils jouissent de tout comme des citoyens, et ils souffrent tout conmie des étrangers. Tout pays étranger leur est une patrie, et la patrie leur est une terre étrangère. Ils se marient et engendrent des enfants; mais ils n'exposent pas leurs nouveau-nés. Ils ont la table commune, mais non pas le lit (conjugal). Ils sont dans la chair, mais ils ne se conduisent pas selon la chair. Ils vivent sur la terre, mais ils sont les citoyens du ciel. Ils obéissent aux lois, mais ils se mon-

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