INTRODUCTION XXIX
exégèse, soit dans leur spéculation, que, dès leur premièro déniarcho, ils sont, hors de la grande Eglise. Entre l'immobilité des uns et le désordre des autres, saint Justin apparaît comme un conciliateur de la tradition et de la réflexion, de la révélation et de la culture.
Il faut porter un semblable jugement sur tout le groupe des Apologistes. On a dit d'eux que, par « leur intellectualisme et leur doctrinarisme d'autorité, ils avaient fondé le christianisme philosol)hico - dogmatique ». A tout prendre, cette formule de M. Harnack serait préférable à celle par latiucllo il ne voudrait voir dans le christianisme des Apologistes que la « réalisation d'un théisme tout moral ». Ils ont opéré le premier rapprochement entre le christianisme issu de l'Ancien Testament et de l'Evangile et l'esprit grec formé par le platonisme et le stoïcisme; et ce rapprochement n'est, chez eux, encore qu'une juxtaposition, peut-on dire avec M. Harnack, mais c'est la juxtaposition de deux éléments dont l'un n'est pas sacrifié à l'autre.
Les Apologistes appartiennent ainsi à un moment précis de l'histoire de la pensée chrétienne : ils représentent une étape bien vite dépassée. Leur doctrine commune a cet intérêt historique, et on saura grand gré, je l'espère, à M. Rivière de l'avoir présentée sous ce jour.
Pierre Batiffol.