I.K PEUPLE DE DIEU
« Quels sont, ceux, parmi les savants (jui élal)orent des syllogismes et résolvent les énigmes, qui expliquent les élyniologies, les homonymes et les synonymes, les catégories et les axiomes, qui savent ce qu'est le sujet et ce qu'est l'attribut, qui promettent le bonheur cà leurs disciples par ces discours et autres semblables; quels sont ceux-là, dis-je, qui ont l'àme assez pure pour aimer leur ennemis au lieu de les haïr; pour bénir leurs insulteurs au lieu de les décrier publiquement, pour ne pas dire plus; pour prier en faveur de ceux qui leur tendent des embûches? Au contraire, ils ne cessent pas de rechercher avec curiosité les secrets de leur art et ils désirent toujours faire quelque mal, plus préoccupés d'étaler des artifices de langage que de montrer des actes. Chez nous, vous trouverez des ignorants, des ouvriers, de pauvres vieilles, qui, incapables d'exprimer en discours l'utilité de notre doctrine, en montrent du moins par leurs oeuvres les avantages pratiques. Ils ne récitent pas de vaines paroles, ils montrent de bonnes actions : par exemple, ne pas rendre les coups qu'on leur donne, ne pas poursuivre qui les vole, donner à tous ceux qui leur demandent, aimer, en un mot, le prochain comme soi-même (1). »
Mais aussi cette doctrine si précieuse doit-elle è(re soignonsement conservée. Tout à l'heure, nous avons entendu Théophile dénoncer les « hérésies » comme de pernicieuses « doctrines d'erreur ». Justin insiste à plusieurs reprises sur cette idée; et il est intéres-