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à la pureté et à la pcirectioti de la vie chrélionnc. ïertullicn no craint pas d'invoquer le ténioig;na«;e officiel des matiistrats.
« Nous on appelons à v^os registres, vous qui présidez tous les jours aux jugements des prisonniers, qui dressez par vos sentences les actes d'accusation. Vous avez affaire à beaucoup d& coupables chargés de crimes divers : assassins, voleurs, sacrilèges, débauchés, détrousseurs. Parmi tous ceux-là, avez-vous trouvé un chrétien? Ou lorsque les chrétiens sont traduits devant vous comme tels, en avez-vous trouvé un seul qui ressemblât à tous ces coupables ? Ce sont les vôtres qui remplissent toujours les prisons, les vôtres, qui gémissent dans les mines, les vôtres qui engraissent les bêtes, les vôtres qui sont conduits en troupeaux par des valets à gages. On n'y trouve pas un chrétien, si ce n'est au seul titre de chrétien; ou si c'est autre chose, il n'est déjà plus chrétien. »
Le virulent apologiste se hâte d'ajouter que^ pour les chrétiens, cette sainteté est un devoir.
« Nous sommes donc les seuls innocents ? Qu'y a-t-il là d'étonnant, s'il en doit être nécessairement ainsi? Or il en doit être ainsi nécessairement. Car c'est Dieu qui nous a enseigné l'innocence : nous la connaissons parfaitement parce qu'elle nous est révélée par un maître parfait, et nous la gardons fidèlement parce qu'elle nous est commandée par un juge implacable (1). »
1. Tertullien, Apologet., 44 et 45. Cf. MinuciOs Félix,. Octavius, 35.
De même Justin, après avoir exposé la morale sublime du Christ, demande aux empereurs de châtier les mauvais chrétiens qui ne la pratiqueraient pas.
« Ceux qui ne vivent pas selon ces préceptes, qu'ils soient regardés comme n'étant pas chrétiens, quand même ils professeraient de bouche la doctrine du Christ; car il a promis le salut non à ceux qui disent seulement, mais à ceux qui font... Punissez donc ceux qui ne vivent pas conformément à ces préceptes et qui ne sont chrétiens que de nom : c'est nous qui vous le demandons (1). »
Dans le Dialogue, non content d'opposer aux observances formalistes des Juifs la vraie justice des chrétiens, il établit en principe qu'il ne suffit pas de connaître Dieu si on ne le sert en conséquence; avec la foi, Justin demande encore les œuvres, surtout celle qui les comprend toutes : la pénitence (2). Et quand les païens raillent cette vie mortifiée, Justin fait noblement appel à la philosophie antique pour rappeler les austères obligations de la vertu.
« Xénophon raconte qu'arrivant à un carrefour, Héraclès rencontra la vertu et le vice sous la figure de deux femmes. Le vice avait des habits somptueux et élégants, le visage fleuri, un extérieur fait pour charmer la vue. Il promit à Héraclès, s'il voulait le suivre, de lui faire mener une vie de plaisir, toute rayonnante de l'éclat dont il le voyait briller lui-même. La vertu, au contraire,