Vialog
2. Tatien, Oratio. 20; Irjul. PtiEcii (i'aris. Alcan) p. 134-5. y. Théophile, ad Anlolyc, 1,1.
LF. JUGEMENT KT I.V VIE lUTUHI. 307
expressions scripturaires. Ils parlent souvent du feu et du feu éternel (1). Mais une ]»unition aussi grave u'ost-olle pas invraisemblable? Justin a connu l'objection : voici sa réponse.
« On dira peut-être, comme les prétendus philosophes, que ce ne sont que des mots ot des épouvantails ce que nous disons du châtiment des pécheurs dans le feu éternel, et que nous voulons jmioner les hommes à la vertu par la crainte et non par l'amour du bien,. Je répondrai en peu de mots. Si cela n'est pas. Dieu non plus n'est pas ; ou bien, s'il existe, il ne s'occupe pas des hommes, la vertu et le vice ne sont rien, et, comme nous l'avons dit plus haut, les législateurs punissent injustement ceux qui transgressent leurs bonnes prescriptions (2). »
Il célèbre, au contraire, l'efficacité morale de ces sanctions.
« Vous trouverez en nous, beaucoup plus qu'en tous les autres, des aides et des alliés pour la paix, puisque nous professons que nul ne saurait échapper à Dieu : le méchant, l'avare ou le perfide pas plus que l'honnête homme; mais que chacun, selon ses œuvres, va au châtiment ou au salut éternel. Si tous les hommes savaient cela, personne ne voudrait commettre un crime d'un instant, sachant bien qu'il encourt le supplice
1. Justin, ApoL. I. 18, 28, 44, 54, 57; II. 8; Dinloij., 120, 130. Cf. Théophile, I. 14; Epist. ad Diogn. 10.
2. JusTi.\, ApoL, II, 9. Ttiéoptiile invoque à ce tjujet l'autorité des auteurs païens. Ad Aulolyc, II, 37.
éternel du feu; mais il se contiendrait de toutes manières et se parerait de vertus, afin d'obtenir les biens promis par Dieu et d'éviter les châtiments (1). »
Minucius Félix insiste sur l'existence du feu vengeur et s'efforce d'en décrire la mystérieuse acti\'ité.
« Les hommes sont avertis par les livres des sages et les chants des poètes de ce fleuve de feu dont les brûlants replis entourent plusieurs fois les marais du Styx. Que tout cela est réservé pour des supplices éternels, ils l'ont su par les indications des démons et les oracles des prophètes. Voilà pourquoi, chez eux, Jupiter lui-même jure avec respect par les rives enflammées et le gouffre sombre : il sait d'avance quelle peine lui est destinée avec ses adeptes, et il en tremble d'horreur. Ces tourments n'auront ni mesure ni terme. Là, un feu intelligent brûle les membres et les restaure, les déchire et les nourrit. De même que le feu de la foudre touche les corps sans les détruire, que les feux de l'Etna, du Vésuve et autres semblables brûlent toujours sans jamais s'épuiser, ainsi ce feu vengeur ne s'entretient pas au détriment de ceux qu'il ronge, mais il dévore les corps et s'alimente sans les consumer ^2). »