I.A UKSIRUrCTlON DI- S (Oni'S .'îl'.l
« Tu iii«'s la rôsurrocliou des luoiLs et lu dis : Moutre-inoi seuh^nenl un mort qui soit ressuseité; je croirai si je le vois. Mais d'abord ([n'y a-t-il d'exlraoïdinairc à croire une chose quand ou l'a vue arriver? De plus tu crois qu'Hercule, <iui se brûla lui-niènie, est encore vivant et qu'Esculape, après avoir été frapi)é de la foudre, fut rappelé à la vie; et tu ne crois pas ce qui t'est dit par Dieu? Peut-être te niontrerais-je un mort lessnscité et vivjint que tu ne le croirais pas.
» Dieu, en tout cas, multiplie devant toiles preuves, afin de te /aire croire à sa parole. Observe donc, s'il te plaît, la succession des saisons, des jours et des nuits, et vois comment tout cela finit et recommence. Mais quoi? N'y a-t-il pas une sorte de résurrection des graines et des fruits, et cela pour l'utilité des liommes? Le grain de blé, par exemple, et de même les autres semences, quand il est jeté en terre, meurt d'abord et se dissout; ensuite, il ressuscite et devient épi. De même les arbres, là où rien ne paraissait, au temps voulu et sur l'ordre de Dieu, ne fontils pas pousser leurs fruits? 11 arrive même parfois qu'un passereau ou un oiseau quelconque avale une graine de pommier, de figuier ou toute autre, puis s'envole et vient la déposer sur une colline pierreuse ou sur un tombeau ; alors la graine pousse des racines et devient lui arbre, après avoir été avalée et avoir traversé une si grande chaleur. La sagesse divine accomplit toutes ces choses afin de nous prouver par là que Dieu est capable de faire la résurrection générale de tous les hommes.
â20 LA DOGMATIQUE DES APOLOGISTES
» Si tu veux voir, pour démontrer la résurrection, un spectacle plus admirable, et non plus seulement dans les choses terrestres mais dans le ciel même, regarde la résarrectioa mensuelle de la lune, vois comme elle décline pour renaître ensuite. Ecoute encore un cas de résurrection qui s'est produit en toi-même sans que tu t'en doutes. Tu es peut-être tombé malade quelquefois et tes membres ont perdu leurs chairs, leur force et leur beauté; puis, guéri par la miséricorde de Dieu, tu as retrouvé ton corps, ta beauté et tes forces. Et de même que tu ne sais où étaient passées tes chairs lorsqu'elles avaient disparu, tu ignores d'où elles te sont venues jadis et d'où elles te reviennent. ïu diras peut-être : Mais ce sont les aliments qui se sont transformés en sang. Très bien; mais c'est aussi l'œuvre de Dieu, et de Dieu seul, qui a ainsi disposé toutes choses (1). »
Ces sortes de comparaisons sont classiques dans la littérature chrétienne. Quelques-unes étaient déjà indiquées par saint Clément de Rome (2); la plupart se retrouvent chez Minucius Félix (3) et Tertullien (4), et, plus tard, dans les Catéchèses de saint Cyrille de Jérusalem. Mais il est facile de voir que leur valeur probante n'égale pas leur fécondité oratoire. Pour établir et justifier le dogme de la résurrection, il fal-