Tertullien, Apologet.. 48; de resurrectione
lait (les arguments plus sérieux : d'autres (l'uvres des Pères Apologistes vont iu:)us les fournir.
Aihénagore le premier a écrit sur « la résurrection des morts » un ouvrage spécial, qu'il annonçait déjà à la fin de son discours apologétique et où sont abordées toutes les questions (jue soulève ce mystère. 11 s'attache, dans une première partie (ch. 2-11), à dissiper les objections préliminaires, en montrant que Dieu peut et veut faire la résurrection.
« On sait vraiment qu'une chose est impossible à quelqu'un, s'il ne sait pas ce cfu'il faut faut faire ou s'il n'a pas assez de force pour réaliser ce qu'il sait. Celui qui ne sait pas ce qu'il faut faire est parfaitement incapable d'entreprendre ou d'accomplir ce qu'il ignore. A son tour, celui qui sait bien ce qu'il faut faire, ainsi que d'où et comment le faire, mais qui n'a pas absolument la force de faire ce qu'il sait ou une force insuffisante, celui-là ne tentera mémo pas le commencement de l'entreprise, s'il est sage et s'il connaît ses moyens ; ou bien, s'il l'entreprend sans réflexion, il sera incapable de la mener à bout. Or il est impossible que Dieu ignore la nature des corps à ressusciter avec leurs moindres parties ou bien ne sache pas où sont passés leurs éléments dissous et revenus à leurs affinités naturelles, alors même qu'il paraît impossible à l'homme de discerner ces éléments combinés do nouveau avec les matières communes de l'univers. En effet,
322 LA DOGMATIQUE UES APULOCilSTliS
celui qui n'ignorait pas, avant la création de l'homme, de quels éléments il devait former le corps humain, ni quelles parties de ces éléments il devait choisir pour sa formation, celui-là évidemment, même après la dissolution du corps, saura où se trouve chacun des éléments qu'il a employés pour le construire. En effet, suivant l'ordre des choses établies parmi nous et d'après le jugement commun, il est plus difficile de connaître à l'avance ce qui n'est pas. Mais pour Dieu, étant données sa grandeur et sa sagesse, l'un et l'autre sont naturels et il ne lui est pas plus difficile de connaître à l'avance ce qui n'est pas que de retrouver ce qui s'est évanoui.
» Maintenant, qu'il ait assez de puissance pour ressusciter les corps, leur création en est une preuve. Car s'il a pu, au commencement, créer le corps dB l'homme qui n'existait pas, ainsi que ses principes constitutifs, une fois ce corps dissous de n'importe quelle manière, il le ressuscitera de même : cela lui est aussi facile. Et peu importe, pour cet argument, qu'il faille chercher le principe des corps dans la matière, dans les atomes ou dans les embryons. La puissance, en effet, qui a su organiser la matière qu'on suppose informe de manière à disposer en figures diverses et nombreuses cette masse amorphe et confuse, ou bien réunir en un seul corps les atomes dispersés, ou bien encore épanouir en un corps l'embryon qui est chose une et simple, donner forme et vie à ce qui n'en avait pas, cette même puissance est capable de ra.ssem])lor ce qui est dissous, de relever ce qui est abattu, de ren-
dre la vie à ce qui est mort et de transformer ce qui est corruptible eu un étal d'iucorruptibilité (1>... >^
Contre la résurrection, on objecte souvient le cas des hommes (|ui sont dévorés par les animaux ou par d'autres hommes. ^Vthénagore explique, dans une longue dissertation physiologique, ([uc la chair humaine ne saurait être assimilée, parce (|u'elle est un aliment contre nature, l^a puissance divine saura donc retrouver les éléments disi>ersés du corps humain. Mais Dieu veut-il la résurrection?
« Si Dieu lie veut pas la résurrection, c'est qu'il y a injustice ou inconvenance. L'injustice, à son tour, peut tomber sur celui qui doit ressusciter ou sur un autre à coté de lui. Mais qu'aucun des êtres de la nature ne soit ici lésé, c'est chose évidente. La résurrection de l'homme, en effet, ne saurait nuire aux créatures spirituelles : elle n'est pour elles ni un obstacle à l'existence, ni un dommage, ni une injure. Elle ne nuit pas davantage aux créatures sans raison ou aux êtres inanimés : ils n'existeront pas après la résurrection, et il n'y a pas d'injustice à l'égard de ce qui n'existe pas. Supposons même qu'ils existent toujours : ils ne recevront aucune injustice de la rénovation du corps humain. Si, en effet, alors qu'ils sont maintenant soumis à la nature humaine, encore faible, et à tous ses besoins jusqu'à être sous le joug d'une complète servitude, ils ne souffrent aucune injustice, à plus forte