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A ceux qui hésileiaicnl (miciuc. Alliôiiiigore ox|)Oso, comme saiiil Justin, rétoiiiiaiilc (''volufion du coriw humain.
« Oui donc croiiail, s'il n'était insliuit. pur Tcxpérieiice, que dans cette goutte de si>erme molle et homogène se trouve contenu le princii)e de tant de facultés diverses, de toute cette masse qui va croître et se développer : je veux dire les os, les nerfs et les cartilages, les muscles et les chairs, les entrailles et toutes les autres parties du corps? On ne voit rien de tout cela dans le liquide séminal, pas plus qu'on ne voit dans l'enfant les formes de l'homme mûr, ni dans riiomme mûr celles de l'adolescent, ni dans celui-ci celles du vieillard. Dans tous les cas, on ne voit aucun rudiment, ou seulement très ohscur, de l'évolution naturelle et des transformations ultérieures de l'être humain. Cependant quiconque n'a pas le jugement aveuglé par la malice ou la paresse sait bien qu'il faut d'abord répandre le sperme. Puis celui-ci se développe Jusqu'à former successivement les divers membres; et, quand l'enfant est venu au jour, on voit se succéder la première croissance de la jeunesse ; après la croissance, la perfection de l'âge mûr; ensuite, le déclin des énergies physiques jusqu'à la vieillesse; et enfin la dissolution du corps épuisé. Ainsi donc, alors que dans le germe on ne trouv^e pas représentée la vie et la force de l'homme, ni dans la vie le retour aux éléments constitutifs, c'est l'enchaînement des lois naturelles qui garantit ce dont on n'a pas la preuve sous les yeux. A fortiori la rai-
IVM) LA DOGMATIQUK UES APOLOGISTES
son, qui découvre la vérité par voie de conséquence logique, nous garantit-elle la résurrection, elle qui est un critère de vérité bien plus sûr et plus élevé que l'expérience (1). »
La troisième raison est tirée des sanctions de la vie future, qui doivent être communes à l'âme et au corps. Sans cela, le jugement divin ne serait pas juste.
« En effet, s'agit-il de récompenser la vertu, le corps souffrira une injustice flagrante, puisqu'il a pris sa part avec l'ànie de la peine causée par les bonnes œuvres et n'en reçoit aucune dans la récompense. De même encore il arrivera que l'âme bénéficie de quelque indulgence pour certaines fautes à cause des besoins du corps, tandis que le corps sera exclu du bénéfice des bonnes œuvres, dont cependant il a supporté la peine pendant la vie. S'agit-il de juger les actions mauvaises, c'est l'âme qui reçoit une injustice, si elle est seule à être punie pour des fautes qu'elle a commises à l'instigation du corps... N'est-ce pas chose injuste cpie l'âme soit responsable toute seule d'actions pour lesquelles elle n'a, de sa propre nature, aucune espèce de penchant ou d'attrait : comme, par exemple, la luxure, la violence, l'avarice, l'injustice et les péchés qui en découlent? Car, s'il est vrai que la plupart de ces fautes viennent de ce que les hommes ne répriment pas leurs passions frémissantes,,., que le corps est le premier à Tessentir les atteintes de