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l.A KESLKIUXIION L>ES CUHi'S ^,>o
tout aux païens, celui-ci senihle viser davantage les hérétiques. « ces mauvais docteurs qui prétendent qu'il n'y a pas de résurrection », « qiii accusent la chair d'être la seule cause du i)éché », dont ({uelquesuns vont jusqu'à dire que « Jésus n'a eu qu'une apparence de chair » (eh. 2). On reconnaît aisément les prmcïpaux traits du gnosticisme docète.
Pour ivpondre à leurs objections, l'auteur exjtlique d'abord que les corps ressuscites seront affranchis des nécessités sexuelles et de toutes les misères de la vie (ch. 3-4). I^is il démontre, en faisant appel à la puissance divine, que la résurrection est possible.
« Ceux qui préteiideut qu'il est impossible à Dieu de ressusciter la chair me paraissent, iguorer qu'ils se proclament fidèles en paroles, mais que par leurs œuvres ils se montrent infidèles, et plus infidèles même que les infidèles. Car tous les pa'iens croient à leurs idoles et sont convaincus que tout leur est possible. Homère leur poète a dit : « Les dieux peuvent tout et facilement »; il ajoute même ce dernier mot pour montrer la grandeur de leur puissance. Dès lors nos adversaires ne sont-ils pas plus infidèles qu'eux? Si les pa'iens, en effet, ont assez de confiance en leurs idoles, ces dieux « qui ont des oreilles et n'entendent pas, des yeux et ne voient pas », pour croire que tout leur est possible,... à plus forte raison nous qui avons la vraie foi devons-nous croire la même chose de notre Dieu, alors surtout que nous en avons des preuves. La première est la création du premier homme, qui fut fait de la terre par Dieu : n'est-ce pas mie preuve suffisante de la puissance divine'? »
Justin. 24
y34 LA DOGMATIQUE DES APOLOGISTES
La deuxième preuve iuvoquée par l'auleur est celle même de Justin et d'Athéiiagore, c'est-à-dire la merveille i>ermanente de la génération humaine. De plus, il est admis par tous les systèmes ])hilosophiques que les éléments primitifs, quels qu'ils soient, se conservent intacts. Donc ils peuvent être groupés par Dieu comme la première fois et reconstituer le même corps (1).
D'autres estiment que la résurrection n'est pas convenable, « d'abord parce que la chair est de nature terrestre et surtout parce qu'elle est tellement remplie de péché qu'elle force l'àme à pécher avec elle ».
« Ceux-là me paraissent méconnaître toutes les œuvres de Dieu, principalement la création et formation de l'homme au commencement... L'Ecriture ne dit-elle pas : « Faisons Vhomme à notre image et ressemblance »? Quel? C'est évidemment l'homme charnel. Car l'Ecriture dit encore : « Dieu prit de la poussière de la terre et il façonna Vhomme ». Il est donc évident que l'homme qui fut fait à l'image de Dieu était l'homme charnel. Comment, dès lors, ne serait-il pas absurde de dire que la chair qui fut façonnée par Dieu à son image est vile et de nul prix? Mais, au contraire, que la chair soit chose précieuse aux yeux de Dieu, nous le savons d'abord parce que c'est lui qui l'a formée : l'artiste, sculpteur ou peintre, aime toujours l'image qu'il a faite. TN^ous pouvons aussi l'apprendre par tout l'ordre de la création : si tout le reste a été fait pour la chair, c'est qu'elle est bien précieuse pour son auteur.
» Bien, dit-on ; mais la chair est pécheresse,