‹ Saint Justin et les apologistes du second siècleChapitre 3 sur 257 · INTRODUCTION VII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION VII

violente, très différente de celle qui enveloppait le judaïsme, impopularité qui allait s'exaspérnnt à mesure que le christ iiuiisme, en se propageant, prenait plus de contact avec la société païenne à tous ses degrés et s'imposait davantage à l'opinion.

Néron, au jugement de Tacite, avait pu imputer aux chrétiens l'incendie de Rome, et accréditer peut-être cette calomnie, si grande était l'animosité de l'opinion contre les chrétiens. Au second siècle, cette animosité s'exprimait sous forme de calomnies précises : les chrétiens, disait-on, pratiquaient le meurtre rituel, les chrétiens pratiquaient l'inceste dans leur culte, les chrétiens étaient athées, c'est-à-dire ennemis des dieux de tous (1). Quand l'opinion s'élevait à un jugement mieux motivé, c'était pour traiter leur douceur d'inertie, pour railler l'adoration qu'ils vouaient au Christ comme à un Dieu. Suétone avait traité le christianisme de « superstition nouvelle et malfaisante »; Pline le Jeune, de « superstition mauvaise et démesurée ». Les magistrats, en vertu de la législation néronienne, étaient obligés de voir dans cette superstition un délit punissable de la peine capitale (2). Trajan lui-même, en concédant qu'on ne doit pas rechercher les chrétiens, veut qu'on instruise contre eux

1. Voyez l'article « Accusations contre les chrétiens » dans le Dictionnaire d'archéologie chrétienne de dom Cabrol. Voyez aussi Harnack, Mission und Aushreitung des Christentums, 2e édition, t. I (Leipzig 1906), p. 227 et suiv.

2. Pour plus de détail. Revue Biblique, t. 111 (1894). p. 603-521, et Duchesne, Histoire ancienne de l'Eglise, t. I (Paris 1906), p. 96 et suiv.

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