Théophile, ad AutoJ. III, 5-6. Cf
36 L'apologétique des apologistes
si petit puisse recevoir des blessures mortelles? que quelqu'un ait le courage de frapper ce nouveau-né qxii est à peine un être humain, de verser et de boire son sang? Personne ne le peut croire que celui qui oserait le faire. Je vous vois, en effet, tantôt exposer vos enfants aux oiseaux et aux bêtes, tantôt les faire périr d'une mort misérable en les étranglant. Il y a des mères qui avalent des médicaments pour tuer l'embryon dans leur propre sein, et qui commettent ainsi un homicide avant d'avoir enfanté. Et tout cela découle de l'exemple de vos dieux. Car Saturne n'a pas exposé ses enfants, il les a dévorés. C'est donc avec juste raison que, dans certaines parties de l'Afrique, des parents lui venaient immoler leurs enfants, en étouffant leurs cris sous les baisers et les caresses pour ne pas immoler une victime en pleurs. Les habitants de la Tauride Pontique et l'Egyptien Busiris avaient l'habitude d'immoler leurs hôtes; les Gaulois offraient à Mercure des victimes humaines, qu'il faudrait plutôt appeler inhumaines; les Romains ensevelissaient vivants un Grec et une Grecque, un Gaulois et une Gauloise; encore aujourd'hui, chez eux, Jupiter Latiaris est honoré par des homicides et, ce qui est bien digne du fils de Saturne, on lui offre, pour l'engraisser, le sang d'un criminel. C'est encore lui qui enseigna à Catilina à sceller dans le sang le pacte de conjuration ; qui institua les rites sacrés de Bellone, où l'initiation consiste à boire du sang humain ; qui apprit à guérir le haut mal par le sang d'un homme, cest-à-dire par un mal plus grave. Ceux-là n'en diffèrent