MiNucius FÉLIX, Octaviu.i
« Celui qui nous croit les adorateurs de la croix se trouve aussi partager notre religion. D'abord, lorsqu'on adore un bois quelconque, peu importe l'extérieur, puisque c'est la même matière; peu .'importe la forme, puisque c'est le même Dieu. Et puis, en quoi se distingue de la tige d'une croix votre PaJlas Athénienne ou votre Cérès de Pharos, qu'on représente sans statue par un pieu informe et à peine dégrossi? Tout morceau de bois qui est planté debout est une partie de la croix. Alors, c'est cpie peut-être nous adorons le Dieu complet et tout entier.
» J'ai déjà dit que tous vos dieux, pour être fabriqués, sont mis sur la croix par les ouvriers qui les façonnent. Vous adorez aussi les Victoires, alors que la croix forme la charpente intérieure de vos trophées. La religion romaine toute militaire vénère les étendards, jure sur les étendards, préfère les étendards à tous les dieux. Or, toutes ces décorations brillantes qui les entourent sont les colliers d'une croix; les voiles qui pendent à vos diverses enseignes sont les robes d'une croix. Je vous félicite de votre zèle : vous n'avez pas voulu adorer la croix nue et sans ornements (1). »
Justin déjà avait donné l'exemple de cette curieuse recherche de symbolisme. Les Apologistes que nous venons de citer s'inspirent du tableau tracé par lui, sans cependant en avoir retenu tous les traits.
« La croix est le grand signe de la puissance et de l'empire du Christ, comme on le voit par