Tertullien. Apologet
y ait de femmes ; pour d'autres, un esclave même ne peut y assister sous peine de sacrilège. Dans quelques rites, il faut une femme qui n'ait eu qu'un seul mari; ailleurs, une qui en ait eu plusieurs, et l'on cherche très religieusement celle qui peut compter de nombreux adultères. Que dire de ceux qui font des libations avec leur propre sang et veulent plaire à la divinité en s'infligeant des blessures? Ne vaudrait-il pas mieux rester profane que d'avoir une telle religion? Et quand on se mutile, n'est-ce pas offenser Dieu que de l'apaiser de la sorte (1)? »
De même TertuJlien consacre plusieurs pages à montrer comment les païens déshonorent sans cesse leurs propres divinités, et par la multiplicité de leurs cultes, et par le fait de vendre leur dieux ou do mettre sur eux des impôts, et par leurs sacrifices chétifs, et par toute leur littérature qui représente les dieux dans des situations odieuses ou grotesques (2).
Ce n'était là cependant que le côté superficiel du paganisme — et comme tel, il est vrai, le plus apparent. Mais il faut convenir qu'une satire de l'idolâtrie n'était pas difficile à faire. Aussi, de tous les Apologistes, seul l'auteur de VEpître à Diognète s'en est-il contenté; les autres ont poussé leur critique jusqu'aux légendes et ai;x mystères qui en forment la base.
Ici encore, la tâche n'était pas trop malaisée. La mythologie païenne — ou plutôt les mythologies disparates et touffues que le paganisme officiel conte-