‹ Saint Justin et les apologistes du second siècleChapitre 42 sur 257 · Tertullien, Apologet., 13-14. Cf. Tatien, Oràtio · texte numérisé non relu

Tertullien, Apologet., 13-14. Cf. Tatien, Oràtio

CRITIQUE DU PAGANISMR 51

liait dans son sein. — renfermait, outre le vice radical de son principe pnlyllit'-iste, une multitude de détails visiblement absurdes ou 'innaoraux. Sans doute quelques (^sj)nts plus élevés s'efforçaient de les atténuer en subtils symboles ; mais prises au sens littéral — et c'est bien ainsi qu'elles avaient cours dans la masse — ces liistoires de dieux et de déesses offraient à la verve satirique des Apologistes une abondante et facile matière. Ils ne se privèrent pas de l'exploiter. Le premier en date des Apologistes dont les écrits nous sont panenus, Aristide, consacre la plus grande partie de son discours apologétique à montrer le ridicule des religions païennes. 11 critique successivement l'idolâtrie grossière des Barbares, le culte des éléments introiluit par les philosophes, puis la mythologie antliropomorphique des Grecs, et iJ passe en détail les principales de leurs légendes, en faisant une place spéciale au culte des Egyptiens (1). Relevons quelques réflexions sur les conséquences anti-morales qui découlent de tant d'incidents scabreux.

« ...De là les hommes ont pris prétexte pour l'adultère ou l'iiiconduite, pour voler et commettre tous les crimes; car si ceux qii'on appelle dieux ont fait tout ce que l'on vient de dire, à combien plus forte raison les hommes peuvent-ils le faire, eux qui croient précisément aux dieux qui ont fait cela... Lorsque les Grecs firent des lois, ils n'ont pas vu que par elles ils condamnaient leurs dieux. Car si leurs lois sont justes, leurs dieux sont criminels, qui ont transgressé la loi en se tuant les uns les autres, en pratiquant la magie et l'adultère, en pillant et volant, en couchant auprès des hommes, pour ne point parler de leurs autres actions. Si, au contraire, leurs

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