Aristide, Apologie
dieux sont justes et s'ils oiit fait tout ce qu'on dit, alors ce sont les lois des Grecs qui sont criminelles, parce qu'elles ne sont pas faites suivant la volonté des dieux. Et par là le monde entier est dans l'erreur (1). »
On trouve une observation analogue dans le Discours aux Grecs attribué autrefois à Justin.
« Je voudrais encore vous dire ceci : Pourquoi, du moment que tu es Grec, t'irriter contre ton enfant si, à l'imitation de Jupiter, il te tend des embûches et te prend ton épouse? Pourquoi le considérer comme un ennemi, et honorer quelqu'un qui lui ressemble? Et de même pourquoi reprocher à ton épouse sa conduite déréglée, si tu élèves des temples à Aphrodite ? Si c'étaient d'autres que vous qui eussent dit ces choses, on les prendrait pour une pure calomnie; mais ce sont vos poètes qui les chantent, vos propres historiens qui les proclament (2). »
Saint Justin oppose la pureté de la foi chrétienne aux mythes païens, dont il souligne l'immoralité en quelques traits énergiques.
« Seuls de tous les hommes, nous qui adorions autrefois Dionysos, fils de Sémélé, et Apollon, fils de Latone, qui, par suite de leurs passions contre nature, ont fait tant de choses qu'il serait honteux même de répéter, Perséphone et Aphro-