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CRITIQIR DU PAGANISME .'>/
« Voici qui me paraît ridicule. On voit les sculpteurs, les poètes, les peintres, les fondeurs, dessiner ou pétrir, fondre ou sculpter des statues, et par là préparer des dieux pour lescfuels, lorsqu'ils les ont faits, ils n'ont pas la moindre estime. Mais lorsqu'ils sont vendus pour un temple ou une maison quelconque, non seulement ceux qui les ont achetés leur offrent des sacrifices, mais ceux-là même qui les ont faits pour les vendre viennent en toute hâte avec des victimes et des offrandes les adorer, et ils les regardent coimne des dieux, oubliant que ces statues sont tout simplement ce qu'ils les ont faites : c'est-à-dire de la pierre et de l'airain, du bois, de la couleur ou toute autre matière. Vous faites la même chose, vous qui lisez les histoires et les généalogies de vos soi-disants dieux. Lorsque vous lisez le récit de leurs origines, vous les regardez conune des hommes ; mais ensuite vous les proclamez dieux et vous leur rendez un culte, (.ubliant qu'ils ont été vraiment engendrés comme vous venez de le lire.
» Mais alors, puisqu'ils ont été engendrés, les divinités étaient fécondes ; et maintenant, où voiton naître encore des dieux? Du moment qu'autrefois ils engendraient et étaient engendrés, évidemment il devrait y avoir encore aujourd'hui des dieux qui naissent; sinon, il faudra croire que leur race est bien faible. Ou bien, en effet, ils sont trop vieux pour engendrer encore, ou bien ils sont morts et n'existent plus désormais. Cependant, s'il est vrai que les dieux naquirent un jour, ils devraient continuer à naître encore, tout
comme les hommes : ils devraient même être plus nombreux que les hommes... Pourquoi aussi le mont Olympe, qui était jadis habité par les dieux, est-il maintenant désert? Et pourquoi Jupiter résidait-il alors sur le mont Ida — c'était un fait connu de tous, d'après Homère et les autres poètes — tandis que maintenant on ne sait plus où il demeure? (1) »
Les autres Apologistes fournissent tous des développements analogues (2), qui de là sont passés chez Clément d'Alexandrie (3), puis chez les écrivains postérieurs ; on les retrouve encore, conune motif littéraire, même lorsque depuis longtemps il n'y avait plus de paganisme à combattre.
Les Apologistes ne se sont pas contentés de réfuter le paganisme; ils ont voulu l'expliquer. Ils se sont trouvés d'abord en présence de certains systèmes de philosophie, surtout de l'école stoïcienne, qui prétendaient ramener les dieux à une personnification des forces de la nature et retrouver sous leurs mythes de simples allégories. Tatien repousse en quelques mots cet essai d'explication naturaliste (4). Athénagore se donne la peine de la réfuter plus longuement.
« On peut dire aux Stoïciens : Vous reconnais-