Aténagore, Legatio
CKirinl'l'. DU PAGANISMIi Gl
OU latins, (le nos antiquités. Nepos et Cassius savent cela dans leur histoire; Thallus et Diodore disent de même. Ce Saturne donc fuyait la Crète par crainte de son fils ; il aborda en Italie, où il fut reçu en hospitalité par Janus. En Grec civilisé qu'il était, il apprit beaucoup de choses à ces peuples encore ignorants et sauvages : notamment l'art d'écrire, de mettre une effigie sur les monnaies, de fabriqiier des outils. C'est pourquoi il voulut appeler Latium cette retraite qui avait été sûre pour lui ; de son nom est venu à la ville le nom de Saturnia et le Janicule de celui de Janus : ainsi tous deux ont transmis leur souvenir à la postérité. C'est donc un homme évidcnunent, puisqu'il fuit et se cache, le père d'un homme et le fils d'un homme... Son fils Jupiter régna sur la Crète après en avoir chassé son père, il y mourut, il y eut des enfants : on y voit encore la caverne de Jupiter, on y montre son tombeau; ses mystères mêmes attestent son humanité (1). »
A l'appui de la même thèse, Athénagore cite de longs textes d'Hérodote et des poètes grecs, sans (mblier la lettre apocryphe d'Alexandre et une multitude innombrable d'autres auteurs qu'il jugerait trop long de passer en revue (2). Le même système se trouve tout au long dans Tertullien et, par voie d'allusions, chez le plus grand nombre des autres Apologistes (3). Une fois admis que les dieux étaient ori-