‹ Saint Justin et les apologistes du second siècleChapitre 51 sur 257 · Athénagore, Legatio · texte numérisé non relu

Athénagore, Legatio

3. Tertullien. Apolngct. 10 11. Cf. Théophile, ad Autohjc. I. 9-10; Cohortatio ad Graecos, 2; de Monarchia, 6.

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ginairement des hommes, La question de leur divinisation posthume devait être vite tranchée. C'est le fait d'une crédulité naïve, dit Minucius Félix.

« Nos pères croyaient si facilement les mensonges, qu'ils ont accepté en aveugles bien d'autres prodiges monstrueux : Scylla à plusieurs têtes, la Chimère à plusieurs formes, l'hydre dont les têtes renaissent quand on les coupe, les centaures où cheval et cavalier ne faisaient qu'un; en un mot, tout ce que l'imagination est capable de forger, ils l'acceptaient avec plaisir. Que dire de ces histoires de vieilles femmes d'après lesquelles les hommes se changent en bêtes, en oiseaux, en arbres ou en fleurs ? Si ces métamorphoses s'étaient jamais faites, elles se feraient encore; si elles ne peuvent plus se faire, c'est qu'elles ne se sont jamais faites. De même à l'égard des dieux, nos pères se sont montrés imprévoyants, crédules et naïfs. Ils honoraient religieusement leurs rois, ils désiraient après leur mort les faire revivre dans des images et avaient plaisir à conserver leur souvenir dans des statues; ce qui n'était d'abord qu'une consolation a pris bientôt un caractère religieux. Aussi, avant que le monde se fût ouvert par le commerce, avant que les peuples eussent mêlé leurs rites et leurs mœurs, chaque nation adorait son fondateur, un chef remarquable, une reine chaste plus forte que son sexe, l'auteur de quelque art ou bienfait, comme on honore un citoyen bienfaisant. Ainsi on donnait une récompense aux morts et un exemple aux vivants (1). »

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