‹ Saint Justin et les apologistes du second siècleChapitre 52 sur 257 · Minucius Félix, Octavius · texte numérisé non relu

Minucius Félix, Octavius

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("esL une itijustico, s'oxclanie TciLuUieii ; car ces prétendus dieux n'ont rien fait pour mériter cet honneur, et, en revanche, que d'hommes de mérite sont oubliés au Panlhéon!

« Je veux, repasser leurs mérites et voir s'ils sont de nature à les élever au ciel ou s'ils ne devraient i)as plutôt les noyer au fond du Tartare... C'est bien là, en effet, que vous jetez d'ordinaire ceux qui ne respectent pas leurs parents, ceux qui commettent des incestes ou des adultères, ceux qui violent des vierges ou de Jeunes garçons, ceux qui frappent, tuent ou volent, ceux qui trompent, tous ceux, en un mot, qui ressemblent à quelqu'un de vos dieux. Car vous n'en trouverez pas un qui soit exempt de reproche ou de faute, à moins de nier son existence... Mais je passe sur leur indignité : mettons qu'ils aient été bons et honnêtes : combien cependant vous en avez laissés de meilleurs dans les enfers ! Socrate si éminent par sa sagesse, Aristide par sa justice, Thémistocle par son habileté militaire, Alexandre par son génie, Polycrate par son bonheur, Crésus par sa fortune, Démosthène par son éloquence. Quel est celui de vos dieux qui est plus grave et plus sage que Caton, plus juste et meilleur général que Scipion, plus majestueux que Pompée, plus heureux que Scylla, plus riche que Crassus, plus éloquent que Cicéron? Combien il eût été plus convenable à votre dieu suprême, qui savait sans doute l'avenir, d'attendre ces hommes pour en faire des dieux! Mais non, il s'est hâté de fermer le ciel et maintenant il rougit sans

doute de voir ces gens de bien gui murmurent dans les enfers (1). »

Les Apologistes ont encore donné une antre raison, celle-ci proprement chrétienne, de l'idolâtrie : elle est tin résultat de la supercherie intéressée et de la malice des démons. Justin s'est contenté de cette explication, qui est pour lui la clé de tant de mythes impurs.

« Les prêtres et les mythologues ne savaient pas que c'étaient les anges et les démons nés d'eux qui ont commis toutes ces actions dont ils écrivaient le récit : fautes contre nature, péchés avec les femmes, crimes contre les cités et les nations. Ils les attribuaient donc à Dieu même et aux fils engendrés par lui, à ses prétendus frères Poséidon et Pluton, et à leurs descendants. Car ils donnèrent à chacun d'eux le nom que chacun des anges s'était choisi pour lui-même et pour ses enfants (2). »

Mais d'ordinaire l'explication théologique se superpose, pour la compléter, à l'explication évhémériste. Cette combinaison est indiquée par Athénagore.

« Ceux qui attirent les hommes aux idoLes, ce sont les démons, qui attendent le sang des victimes pour le lécher. Quant à ceux que l'opinion publique se plaît à appeler des dieux, et dont on lit les noms sur les statues, ce furent des hommes, comme on peut le voir par l'histoire.

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