‹ Saint Justin et les apologistes du second siècleChapitre 58 sur 257 · MiNUCius FÉLIX Octavius · texte numérisé non relu

MiNUCius FÉLIX Octavius

2. Tertullien, Apologet. 4-7. M. Turmet cite de ces chapitres un extrait relatif à l'histoire de la législation anti-chrétienne, op. cit. p. 17-18.

tes qu'à titre d'hypothèse et comme par une sorte de fiction juridique. Car ils entendent bien que les chrétiens sont à tout le moins inoffensifs et dès lors ils demandent pour eux la liberté. Pour appuyer cette revendication, Justin fait allusion à la liberté laissée aux diverses écoles philosophiques (1) ; il s'empare surtout de la tolérance accordée à tous les cultes païens.

« Nous disons les mêmes choses que les Grecs, et seuls nous sommes haïs pour le nom du Christ. Innocents, nous sommes frappés comme des criminels, alors que partout, chacun, à sa guise, peut adorer des arbres, des fleurs, des rats, des chats, des crocodiles et autres animaux. Et ce ne sont pas les mêmes qui sont adorés par tous : chacun a son dieu, en sorte qu'ils sont tous impies les uns pour les autres, parce qu'ils n'ont pas le même culte. La seule chose que nous ayons à nous reprocher, c'est de ne pas adorer les mêmes dieux que vous et de ne pas offrir des libations aux morts, ni des couronnes ou des sacrifices sur les tombes. Mais vous savez bien qu'une même chose est ici regardée comme un dieu, ailleurs un animal, ailleurs comme une victime (2). »

L'intolérance dont les chrétiens sont frappés est d'autant plus scandaleuse que les hérétiques ne sont pas inquiétés.

« Après le retour du Christ au ciel, les démons suscitèrent des hommes qui se disaient dieux, et,

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