Ibid., 24. Cf. II
bien loin de les poursuivre, vous les avez comblés d honneurs. Simon le Samaritain, du bourg de GittJion, vint dans votre ville impériale de Rome sous Claude César et, avec le secours des démons Il lit des prodiges de magie. On le prit pour im' dieu et on l'honora d'une statue: elle s'élève dans une lie du Tibre, entre les deux ponts, avec cette inscription Mme: Simoni Deo sando... Ménandre Samaritain lui aussi, du bourg de Capparétée et disciple de Simon, poussé par les démons, trompa beaucoup de gens à Anlioche, jusqu'à faire croire a ses adeptes qu'ils ne mourraient pas... Marcion du Pont, qui enseigne encore aujourd'hui, professe ia croyance en un autre dieu, supérieur au Créateur... Tous leurs disciples, comme nous l'avons dit, s'appellent chrétiens... Se rendent-ils coupables de ces infamies qu'on nous impute à faux comme ces extinctions de lumières, ces promiscuites, ces repas de chair humaine? nous l'ignorons; mais nous savons que vous ne les poursuivez pas et que vous ne les mettez pas à mort du moins à cause de leurs doctrines (1). »
Athénagore demande aussi pour le Christianisme la^meme tolérance rjiie pour les divers cultes natio-
« Dans votre empire, grands souverains, différentes sont les mœurs et les lois suivant les pays, et personne n'est empêché par la loi ou par la peur d'un jugement de suivre les usages de sa
Simnn^ff'iir?^- ^'^ ^^'^ "^^^ ^^ ^^^*^« ^t l'inscriptiou de bimon le Mage ne reposent que sur une méprise de Justin.
Justin.
patrie, quand bien même ils seraient ridicules. A Ilion, on regarde Hector comme dieu et on adore Hélène... ; à Lacédémone, on honore Agamemnon comme Jupiter et Phylonoé, la fille de Tyndare... En un mot, dans toutes les nations et tribus, les hommes pratiquent les rites et les mystères qu'ils veulent. Les Egyptiens même regardent comme des dieux des chats et des crocodiles, des serpents, des aspics et des chiens. Vous et vos lois, vous permettez tout cela. L'athéisme seul est considéré par vous comme impie et sacrilège; mais vous jugez nécessaire de laisser chacun honorer les dieux qu'il a choisis, afin que la crainte d'une divinité le détourne du mal. Pourquoi donc, en ce qui nous concerne,
haïr notre nom? Aussi, pleins d'admiration
pour votre douceur et votre caractère pacifique, les citoyens vivent-ils partout dans une parfaite égalité de droits, les villes reçoivent, suivant leur dignité, l'honneur qui leur revient, et la terrd entière, grâce à votre intelligence, jouit d'une paix profonde. Nous seuls, qu'on appelle chrétiens, nous sommes négligés par vous : sans que nous ayons rien fait de mal et alors que bien plutôt nous sommes animés des meilleurs sentiments à l'égard de Dieu et de votre empire, vous nous laissez chasser, piller, poursuivre, et beaucoup nous font la guerre seulement pour notre nom (1). »
Tertullien voudrait au moins que les chrétiens fussent équiparés aux philosophes.