Tertullien, Apologet. 30. Cf
Mais les chrétiens refusent de rendre un culte ;\ l'empereur. « Je ne l'appellerai pas dieu, parce que je ne sais pas mentir, parce que je n'ose pas me moquer de lui, parce que lui-même ne voudrait pas du titre de dieu. » Il ne consent même pas à l'appeler seigneur, parce que ce serait une nouvelle forme d'usurpation conLi-e la majesté divine (1). En regard de cette loyale attitude des chrétiens, Tertullien expose ensuite, dans un chapitre de vivante satire, l'attitude des masses païennes. Il montre le peuple qui rêve toujoui-s d'un nouveau César; il rappelle les multiples complots des grands.
« Tous ceux-là, jusques et y compris le moment de faire éclater leur conjuration impie, offraient des sacrifices pour le salut de l'empereur et invoquaient son génie, les uns en public, les autres en particulier; et bien entendu, ils traitaient les chrétiens d'ennemis publics (2). »
Le contraste, en effet, était frappant; et si les empereurs avaient pu se soustraire aux préjugés ambiants, ils auraient bien dû se rendre compte que la foi nouvelle était de nature à fortifier le loyalisme politique, bien loin de lui porter atteinte.
On accusait encore les chrétiens, d'une manière d'autant plus dangereuse qu'elle était ici plus vague, d'être inutiles à la société, ou même on leur imputait toutes les calamités de l'Empire. Tertullien, toujoui-s soucieux d'implanter le Christianisme dans la cité romaine, s'est donné la peine de réfuter longue-