‹ Saint Justin et les apologistes du second siècleChapitre 7 sur 257 · XII SAINT JUSTIN ET LES APOLOGISTES · texte numérisé non relu

XII SAINT JUSTIN ET LES APOLOGISTES

esprits de culture hellénique une justification intellectuelle du christianisme.

Sur la fin du second siècle, la littérature apologétique atteint à sa perfection en devenant latine. Sous le titre d'Octavius, Minucius Félix écrit un dialogue, où un païen expose, dans une langue de lettré, ses griefs contre Le christianisme, griefs que le chrétien réfute avec la même éloquence ; le dialogue s'achève par* la conversion du païen. C'est la fonne cicéronienne du dialogue appliquée à l'apologétique, avec le souci tout classique de s'exprimer noblement. Tertullien, au contraire, est un juriste qui semble s'adresser aux magistrats pour leur faire entendre le langage du droit, du droit commun et de l'équité. Son plaidoyer est d'un avocat devenu polémiste, et ici encore la manière cicéronienne se retrouverait, mais animée d'une ironie et d'une véhémence rude, passionnée, cinglante, que l'atticisme de Cicéron n'a pas connues à ce degré héroïque.

Jusqu'ici il n'a été question que de la polémique contre les païens. Pour être complet, il faut ajouter que les Apologistes chrétiens ont controversé aussi avec les juifs, à dessein de leur montrer, par l'accomplissement des prophéties, la vérité du christianisme. Ariston de Pella avait écrit un Dialogue de Jason et de Papiscus, où le chrétien Jason convertissait le juif alexandrin Papiscus : ce dialogue est perdu, mais il avait créé le genre auquel appartient le Dialogue avec Tryphon de saint Justin, et VAdversiis ludaeos de Tertullien (1).

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