Ibid., III. 3. Cf. 2 et 7 ; 16 et
104 l'apologétique des apologlstes
A peu près sur la même ligne, on peut placer la Cohortatio ad Graecos, qui, sur un ton plus mesuré, soutient en somme la même thèse intransigeante. Dans le but d'arracher les Grecs à leurs erreurs invétérées et de les conduire à la vraie religion, l'auteur commence par critiquer « la théogonie ridicule » d'Homère et d'Hésiode; puis les opinions des philosophes, « beaucoup plus ridicules que la théologie des poètes », ce qui le mène à cette conclusion.
« Vous voyez le trouble de ceux qui, chez vous, passèrent pour sages, et que vous considérez comme vos maîtres en religion. Les uns disent que l'eau est le principe de tous les êtres; d'autres, que c'est l'air; d'autres, le feu; d'autres, quelque autre chose : tous mettent de fort beaux discours au service d'idées fausses et s'efforcent de faire passer leur propre doctrine pour la meilleure... Comment donc pourrait-on apprendre la vraie religion auprès de ceux qui ne sont pas parvenus à se persuader de ne pas se disputer entre eux et de ne plus se contredire? (1) »
Les plus renommés et les plus vertueux, comme Platon et Aristote, ne s'entendent pas davantage siu- la nature de Dieu, du monde et de l'àrne; de plus, on trouve des contradictions chez Platon lui-même. Tant de discordances prouvent au moins l'erreur des uns et des autres (2j. Puis l'auteur établit l'antiquité de Moïse et des écrits bibliques en général. Voilà pour lui les \Tais maîtres dont les païens sont les débiteurs; car on saif que Orphée, Homère et Solon^ plus tard Pythagore et Platon ont été en Egypte, où