‹ Saint Justin et les apologistes du second siècleChapitre 81 sur 257 · Ibid · texte numérisé non relu

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ils ont connu los écrits de Moïse dont ils so sont inspirés pour corriger leurs erreurs antérieures. En preuve, l'auteur cite des textes d'Orphée et de la Sibylle, d'Homère, de Sophocle et de Pythagore, favorables à l'unité divine (1). Dans les chapitres sui vants il s'attache à relever les emprunts de Platon. Sa notion de Dieu et de réiernité, sa description de l'enfer, son concept de la forme archétype et des idées préexistantes, sa doctrine de la vertu et de la création sont autant d'imitations de divers passages bibliques — imitations d'ailleurs souvent maladroites et que toujours Platon, averti par le sort de Socrate, se garde d'avouer ])our ne pas s(^ compromettre auprès des Grecs (2). Il n'y a pas jusqu'à l'anthropomorphisme idolàtrique qui ne paraisse provenir à notre auteur d'une fausse interprétation de la parole divine: « Faisons V homme à notre image et ressemblance ». La conclusion est qu'il faut que les Grecs renoncent à l'élégance trompeuse et vide de leurs philosophes pour revenir à la simplicité divine des Prophètes (3).

Les contradictions et les erreurs des philosophes font tout l'objet d'un petit traité satirique du philosophe Hermias. L'ouvrage est d'ailleurs de date assez incertaine ; mais il mérite d'être cité, comme tout à fait caractéristique de cette tendance agressive que nous connaissons. Après avoir relevé les divergences sur la nature de l'homme et le souverain bien, l'auteur s'inquiète de la destinée de l'âme.

« Les uns la disent immortelle par nature; les autres, mortelle; d'autres, destinée à durer peu de temps. Les uns la réduisent à la condition des bêtes, les autres la dissolvent dans les atomes.

1- Ihid., 14-19. Plus loin, il cite en passant quelques autres plagiats d'Homère. Cf. 21, 28 et 30.

2. Ihid., 20-33. Le reproche de lâcheté est répété avec une particulière insistance. Cf. 20, 22, 25, 32, 33.

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