Dialog., 53. Cf. Apol
2. Dialog., 30. Cf. 76, 85, 121 et Apol, II. 6; Théophile, ad Autolyc. II. 8.
Justin. Il
126 l'apologétique des apologistes
ment par des philosophes et des lettrés, mais même par des artisans et des ignorants qui ont méprisé pour lui et l'opinion et la crainte et la mort. Car il est la vertu du Père ineffable et non une production de la raison humaine (1). »
Ce double argument devait être repris par Tertullien, qui en fait une des bases de sou apologétique (2). I\Iinucius Félix relève aussi l'intrépidité des martyrs et il célèbre en langage stoïcien « le beau spectacle qui s'offre à Dieu, lorsqu'un chrétien entre en lutte avec la douleur..., dresse sa liberté en face des rois et des princes, et ne cède qu'à Dieu seul (3) ».
En dehors de ces faits extraordinaires, la doctrine et la vie de ses fidèles fournissaient au Christianisme une perpétuelle et vivante apologétique. Justin expose aux empereurs, d'après le discours sur la montagne, renseignement chrétien sur la chasteté, la charité, la douceur, la religion et le respect du pouvoir.
« Pour que nous ne paraissions pas des sophistes, il sera bon, croyons-nous, avant toute démonstration, de vous rappeler quelques-unes des leçons du Christ lui-même. A vous, princes puissants, d'examiner si nous les avons reçues et si vraiment nous les enseignons. Ses maximes sont brèves et concises; car ce n'était pas un sophiste, mais sa parole était une puissance divine (4). »