MiNucius FÉLIX, Octavius
4. Justin, Apol, I. 14. Cf. Dialog., 93; Tatien, 32; Athé- NAGORE, 11-12. 32.
Justin ne iuiikiho pas de souligner la bieufaisanoo d'une doctiiiie si h;niloincnt morale.
« Si tous k's honiines savaient cela, personne ne voudrait commettre le moindre crime.... Ce n'est pas à cause de vos lois et dei vos peines que les coui)ables cherchent à se cacher; ils font le mal en sachant qu'ils* peuvent vous échapper, parce que vous êtes des hommes. Mais s'ils savaient, s'ils étaient convaincus que rien ne peut échapper à Dieu, ni l'acte, ni même l'intention, vous en conviendrez vous-mêmes, la crainte du châtiment les rendrait vertueux. On dirait, en véritx.'', que vous craignez de voir tout le monde faire le bien et de n'avoir plus sur qui sévir (l). »
La conduite des chrétiens est la nieilleure preuve de cette action moralisatrice du Christianisme.
« Autrefois, nous prenions plaisir à la débauche; aujourd'hui, nous n'aimons que la chasteté. Nous nous livrions à la magie ; aujourd'hui, nous nous consacrons au Dieu bon et éternel. Nous recherchions par-dessus tout l'argent et les domaines ; aujourd'hui, nous mettons nos biens en commun et nous les partageons avec tous les indigents. Nous nous haïssions, nous nous mettions à mort les uns les antres, et la différence des mœurs nous empêchait de recevoir l'étranger dans notre maison ; aujourd'hui, après la venue du Christ, nous vivons ensemble, nous prions pour nos ennemis, nous cherchons à ga-
li ApoL, I, 12. Cf. Il ,11; Tertulliex, Apologet., 45.
L'Ai'OLOGÉ'lIQUE DES APOLOGISTES
giier ceux qui nous haïssent injustement... Si nous nous marions, c'est pour élever nos enfants ; si nous renonçons au mariage, c'est pour garder la continence parfaite... Beaucoup d'hommes et de femmes, discipjes du Christ depuis leur enfance, sont restés vierges jusqu'à soixante et soixante-dix ans : je me flatte de vous en citer des exemples dans toutes les classes. Faut-il aussi rappeler le nombre infini de ceux qui ont quitté le vice pour se soumettre à cette doctrine? (1) »
C'est ainsi qu'aux arguments théoriques et abstraits, les Apologistes ajoutaient des raisons concrètes et d'observation facile. Ils se plaisaient surtout à multiplier les tableaux de la vie chrétienne, bien persuadés que le spectacle de ces vertus constituerait le plus sérieux attrait en faveur de leur religion.
1. Apol, I. 14-16 et 29. Cf. Oratio ad Graecos, 5; Dialog. 96, 110.