‹ Saint Justin, philosophe et martyrChapitre 31 sur 96 · CH. II. — ÉTAT MORAL DE L'EMPIRE. LXII · texte numérisé non relu

CH. II. — ÉTAT MORAL DE L'EMPIRE. LXII

« cette pensée chez les Grecs, le culte des aminaux, chez « les Égyptiens, chez d’autres un fleuve, chez d’autres le « feu, il n'importe. Je ne condamne pas la variété. Que « seulement on connaisse Dieu, que seulement on l’aime, « que seulement on en garde le souvenir présent (1). »

Voilà certes de belles et nobles paroles, et un appel aux choses divines que Platon n’eût pas désavoué! Et pourtant cette défense des idoles, cette transaction avec les supersütions populaires, cette acceptation indifférente de tous les cultes marque dans les écoles philosophiques comme une lassitude de la pensée.

En même temps, chez presque tous les philosophes, apparaît une sorte de défiance dans les forces de la volonté humaine, et comme un désespoir de la vertu isolée et livrée à elle-même. C’est encore un signe que le mysticisne oriental a pénétré à grands flots dans le monde grec et romain. Son empreinte est visible au sein même du stoïcisme. Il y a loin de Zénon à Sénèque et à Épictète. Avec ce dernier, la raideur du stoïcisme primitif s’est détendue, sa dureté s’est amollie. Le sage n’est plus cet être impassible, abstrait en quelque sorte, invulnérable, enivré d’orgueil, s’égalant à Jupiter et défiant la fortune. Il a appris l'humanité, la douceur, l'humilité, la résignation,

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