‹ Saint Justin, philosophe et martyrChapitre 33 sur 96 · CH. II. — ÉTAT MORAL DE L'EMPIRE. LXV · texte numérisé non relu

CH. II. — ÉTAT MORAL DE L'EMPIRE. LXV

ter jusque là, 1l faut, pour ainsi parler, s'échapper et se dégager du corps; ïl faut de plus que Dieu nous soulève et nous attire en quelque sorte vers lui. Sans ce secours surnaturel, sans cet appel de Dieu, sans cette aide de la grâce, si je puis dire, nous ne pouvons l’apercevoir. « C’est

sous la conduite et l’empire de Dieu, dit Plutarque, que la pensée humaine peut parvenir jusqu’à l'invisible et au saint (4). » Maxime de Tyr est dans la même voie : L'auteur et le père du monde ne peut être vu des yeux du corps ni exprimé par la parole. Pour s’approcher de lui, 1l faut se détacher de la terre, se boucher les oreilles, fermer les yeux, et tous les autres sens, et se recueillir en soi-même ; il faut étouffer toutes les plaintes et tous les gémissements de la terre, imposer silence à la volupté, à la gloire, à l’honneur et à la honte. Plus l’homme s’éloignera de ce monde, plus l’objet qu'il poursuit s’offrira clairement... Leterme du voyage, ce n’est pas le ciel, nt les corps qu’il renferme, bien qu'ils soient pleins de beauté et d'harmonie, comme étant l’œuvre de Dieu; il faut monter encore au-delà du ciel, jusqu’à ce lieu qui est le véritable asile de l’éternelle paix... Mais comment donc nous délivrer des bruits de la terre et nous élever jusqu'à Dicu? Pour le dire en un mot, tu verras Dieu quand il t’appellera à lui. Demeure donc, et attends qu’il t’appelle. Voici

(1) PLUTARQUE, De Isid. el Osirid., 73-79.

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