‹ Saint Justin, philosophe et martyrChapitre 34 sur 96 · LXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXVI INTRODUCTION

« venir la vieillesse qui te rapprochera de lui, puis la «a mort que les lâches déplorent, dont ils redoutent la « venue et que tout homme amant de Dieu souhaite et ac- « cueille avec joie (1). » De là à l’extase des néo-platoniciens d'Alexandrie, il n’y a pas loin. La trace des idées orientales et leur mélange avec les idées grecques percent dans les œuvres des platoniciens de cette époque.

Au reste, il s’en fallait de beaucoup que toutes les écoles philosophiques eussent, au milieu du Ile siècle, conservé un pareil souci des hautes pensées, et fussent animées de ce souflle mystique qu’on sent dans plus d’un passage de Plutarque, et qui circule parfois à travers la rhétorique et les amplifications sophistiques de Maxime de Tyr. Les fortes convictions sont mortes. On respecte, ou, pour mieux dire, on redoute plus la majesté impériale que celle des dieux. La spéculation philosophique semble frappée d’une irrémédiable stérilité. À Rome, le stoïcisme soutient encore quelques âmes fières qui, en l’absence de toute liberté réelle, adorent silencieusement dans le fond de leur conscience une sorte de liberté abstraite. À Alexandrie, toutes les superstitions, tous les déréglements du cœur et de l'esprit s’étalent au grand jour : toutes les doctrines philosophiques et religieuses peuvent nommer des représentants, et les croyances les plus diverses et les plus opposées sont mélées et comme confondues dans

(1) MAxXIME DE Tir, Dissert., xvu, 10, 11, édit. Did., p. 68.

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