‹ Saint Justin, philosophe et martyrChapitre 59 sur 96 · CH. 11. — QUESTION DE LA NATURE DE DIEU · texte numérisé non relu

CH. 11. — QUESTION DE LA NATURE DE DIEU

Telle est la doctrine de saint Justin sur la nature de Dieu, doctrine vague, incomplète, inachevée, et dont les seuls traits marqués un peu profondément sont la distinction du Père et du Fils, et le caractère d’absolue indépendance attribuée au Père seul.

On peut conclure de là que le dogme de la Trinité, au moins dans la forme que lui donna plus tard le concile de Nicéc, était loin d’être encore élaborée.

On dira peut-être que les ouvrages de saint Justin ne sont pas des traités spéciaux de théologie dogmatique, que l’auteur en les écrivant songeait plus encore à défendre les chrétiens qu'à dogmatiser et à exposer leur doctrine. Mais, dans toute polémique, il y a une partie dogmatique, et si la métaphysique chrétienne, telle que l’a conque saint Justin, ne se trouve pas exposée avec ordre et rigueur dans ses ouvrages, on peut au moins en réunir les éléments dispersés çà et là, et rétablir facilement, sans conjcCtures et sans hypothèses, l’enseignement du saint martyr.

Platon, selon saint Justin, a connu la doctrine de la Trinité. ° | « Dans le Timée, dit saint Justin, Platon fait allusion au Fils de Dieu quand il dit qu’il en imprima la marque sur le monde en forme de x (1). C’est une pensée qu'il a due à Moïse. En effet, nous lisons dans ce dernier que les Israélites, pendant leur séjour dans le désert, après la sortie d'Égypte, furent mordus par des serpents venimeux dont la blessure était mortelle; que Moïse, d’après l’ordre et l'inspiration de Dieu, fit représenter

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