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(1) Simplicius Comment. in Enchir., édit. Didot, p. 114.
(2) Av ris os Gaipn, XPAVYAËS OTAs Év To éco, & Kaïcap, êv TA où mpavr clx nécyw; Ayœuev êrt Tov évOÜrarev. Kuvex 6 Kaïsap Ti éatev N &yOUraæTog &ÂÂog, à à xaTurEroupUS aÜTOY xai @ ÀxTpEUse, à Zebc ; ŒAdov Tevd éreradeirar, à Éxeivo ; OÙ mémeuatæe À 0 Te &v TROYN TOU- TOV, ÜT éxsivoc adTov yuuväber. (EPicT., Dissert., 11, ch. 22, $ 55, 57.)
(3) . . . AXda xai Tüv Joyuatev äpyeiv élu. xat tiç doc TabTny Tv
958 Ille PART. — CH. VIII. — MORALE CHRÉTIENNE.
« Quand tu approches les princes et les grands, sou- « viens-toi qu'il y a là-haut un plus grand prince en- « core qui te voit, et à qui tu dois plaire plutôt qu'aux «a autres (4). »
« L'homme de bien doit soumettre son âme au maître « et au régulateur de toutes choses, comme les bons ci- « toyens obéissent aux lois de la cité (2). »
« J'ai déplu à quelqu'un qu’on honore et qu’on re- « doute : Que m'importe ? Je sais celui à qui il me faut plaire, à qui il faut obéir et me soumettre : c’est à Dieu « et à ses ministres (3). »
Saint Justin cite cette maxime de la loi chrétienne : « Ne soyez pas inquiets de la nourriture et du vêtement; « ne valez-vous pas mieux que les oiseaux et les bêtes ? « Dieu les nourrit : votre Père céleste connaît vos be- « 80iNnS. »
éEovaiav Jédoxs ; moù JUvaga vexiaar Joyux &X}ITpuov. (EPICT., Diss., 1, 29, 9.)
[1 faut lire le commentaire de Simplicius sur le chapitre 30 du Manuel; il se rapporte à la pensée que nous citons:
« ]l y a, dit-il, des devoirs envers les princes et les sujets. Les sujets doivent obéir en tout à leurs princes légitimes, exécuter de tout leur cœur leurs ordres, et les honorer comme leurs bienfaiteurs après Dieu. Que si ces princes ne sont bienfaiteurs que de nom, et négligent leurs devoirs envers leurs sujets, on peut les blâmer comme de méchants princes ; mais on n'est pas dispensé de leur obéir en tout ce qni ne blesse pas la conscience. » (Simplic. in Enchir., ch. xxx, édit. Didot, p. 91.
(4) Otay eicinç TPOs TLVX TOY UTEPEYOVTUV, [LÉUVIGO ove xxt ado ävobev Bhéner Ta yryvoueve, nat te éxcive qe Ji uÆ)}}ov &pécxetv, 1 Tovtuw. {EPICT., Diss,, 1, ch. 30, $ 1.)
(2) ÉPicr., Dissert., 1, ch. 49, $ 7.
(3) Eyo à Éyo vive ps ei apéxev, tive droriray 0e, rive meidecbau" ro 0e nat roïç per’ énsivov. (EPICT., Diss., IV, ch. 12,$ 11.)
MORALE PAIENNE. 259 Nous lisons chez un moraliste païen :
« Dieu est notre auteur, notre père; il prend soin de nous. Cette pensée ne nous délivrera-t-elle pas de toute inquiétude? Mais je n'ai pas seulement de quoi manger! Comment font donc les esclaves, les fugitifs ? Sur quoi comptent-ils, quand ils s’échappent? Est-ce sur ua revenu, sur des esclaves, sur des vases d'argent? Ils p’ont rien qu’eux-mêmes, et cependant la nourriture ne leur fait pas défaut! Faut-il que le philosophe soit inférieur aux animaux qui se suflisent à eux-mêmes, ne manquent ni des aliments, ni de rien de ce qui convient à leur nature (4)? »
« L'homme de bien peut-il craindre que la nourriture puisse lui manquer? Elle ne manque ni aux aveugles, ni aux boiteux. Elle manquerait à l’homme de bien! Le bon soldat reçoit sa paie; l'artisan, le cordonnier trouve son salaire. Dieu négligera-t-il ainsi ses instruments, ses ministres et ses témoins, ceux dont il se sert comme d'exemples pour instruire les ignorants, et apprendre aux hommes qu’il existe, qu’il gouverne le monde avec vigilance, et que l’homme de bien ne peut recevoir aucun mal, ni pendant sa vie, ni après sa mort (2). » « Hercule ne s’afiligeait pas de laisser ses enfants or- « phelins. Il savait qu'il n’y a pas d’orphelins dans le : « monde, et que tous les hommes ont partout un père qui « veille incessamment sur eux (3). »
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(1) EPricr., Dissert., 1, ch. 9, $ 7, 8, 9.
(2) OÙtus © Oeoç qushsi Tv œurou émirndeuuatov, xat eaxovov, xœi
TOY [LAPTÜPEY, OÙ vOLs LPÜTAL TApaÎEURTL TPOÇ TOUS AT ALEUTOU,..…. (Ericr., Diss., 1, ch. 26, $ 22.)
(3) Hôec yap re oùdeis éorev GvOpuros oppavôs, &ÂÂ& révTwy &et xat devexd 0 natép dote 0 xndôuevos. (EPICT., Diss., Ii, ch. 24, $ 15.)
960 Ille PART. — CH. VII. — MORALE CHRÉTIENNE.
La loi chrétienne dit : « Ne vous faites pas de trésors dans la terre où la rouille et les vers les détruisent, et où les voleurs les déterrent ; mais faites-vous des trésors dans le ciel où ils ne craignent ni la rouille, ni les vers. »
Les platoniciens et les stoïciens enseignent aussi, presque d’une seule voix, à mépriser la terre et ses biens périssables, à se détacher du corps qui change et meurt pour ainsi dire, à chaque instant, à étouffer le trouble des passions, à secouer l’esclavage des sens, à cultiver la raison, à regarder sans cesse vers le ciel qui est la vraie patrie de l’homme, à fixer son cœur et sa pensée sur Îles biens éternels, à contempler Dieu, à l’imiter, à tendre vers lui.
Les premiers cyniques poussèrent jusqu’à l’héroïsme le mépris des richesses, des honneurs et de l'opinion ; mais l'espèce d’ascétisme qu'ils pratiquèrent ne paraît guère avoir eu un caractère religieux, non plus que celui des premiers stoiciens, leurs disciples. Ce fut moins pour s’attacher au cicl que pour assurer et fortifier leur liberté, qu’ils professèrent la purification, ou plutôt l’anéantissement des passions et l’absolu détachement de tous les biens auxquels aspire le commun des hommes.
Le spiritualisme de Platon laissa sa marque sur toutes les âmes élevées du paganisme. Le stoïcisme même finit par se teindre de ses couleurs, et un sentiment plus vif du divin s’unit chez les nouveaux stoïciens à l’esprit d’égoisme et d’orgueil de l’ancien Portique. Cicéron, qui a su comprendre et s’assimiler, sans former de système proprement dit, ni se faire l’esclave d’aucune école, toutes les idées nobles et généreuses du passé, est souvent l’éloquent interprète de Platon ; de même Sénèque, stoicien éclec-