I. I ApoL VI
renseignement de l'Eglise, la Voix qui évoquait dans toutes les consciences chrétiennes le sentiment du bien; il était aussi, par l'Eucharistie, le foyer de la vie collective des églises, et, pour chaque fidèle, le germe d'une vie meilleure.
Nous touchons ici aux pages les plus précieuses de saint Justin, sur les réunions des fidèles et sur les sacrements de baptême et d'eucharistie.
Ces réunions avaient été calomniées par des imaginations salies au contact des légendes païennes, préparées à découvrir sous les rites religieux des abominations répugnant à la nature humaine même faible, même dépravée. Nous avons déjà fait allusion à ces dénonciations : les chrétiens se nourrissaient de chair humaine, sans parler des unions désordonnées.
L'honnête Justin refusa toujours de discuter ces propos infâmes. Une fois même il osa mettre les païens au défi de condamner les chrétiens, fussent-ils rituellement coupables de ces crimes : (( Pourquoi en effet ne pas confesser en public que tout cela est bien? Pourquoi ne pas dire que c'est là une philosophie divine ; que nous célébrons par l'homicide les mystères de Kronos ; que, quand nous nous abreuvons de sang, comme on dit, nous faisons comme l'idole que vous honorez... que nous imitons Zeus et les autres dieux en nous livrant sans retenue à des crimes contre nature et à l'adultère^? »
Mais il ne pouvait s'en tenir à cette outrance