I. Dialogue... IV
Fesprit de l'homme ne verra jamais Dieu sans être revêtu de l'Esprit-Saint^, et cependant les âmes peuvent connaître qu'il y a un Dieu, que la justice et la piété sont bonnes ^
Le sublime espoir était toujours permis; mais les forces naturelles de la raison étant contenues dans leurs justes bornes; pour aller plus loin il était nécessaire de recourir au secours divin. Justin ouvre son cœur à cette nouvelle lumière et demande à qui donc il doit croire. Voici la réponse du vieillard :
« Il y eut, dans les temps reculés, et plus anciens que ces prétendus philosophes, des hommes heureux, justes et chéris de Dieu, qui parlaient par l'Esprit-Saint, et rendaient des oracles qui sont maintenant accomplis : on les appelle prophètes. Eux seuls ont vu et annoncé aux hommes la vérité, sans souci ni crainte de personne ; ils n'obéissaient pas au désir de la gloire, mais ils ne disaient que ce qu'ils avaient entendu et vu, remplis de l'Esprit-Saint. Leurs écrits subsistent encore maintenant, et ceux qui les lisent peuvent, s'ils ont foi en eux, en tirer toutes sortes de profits, tant sur les principes que sur la fin, sur tout ce que doit connaître le philosophe. Ce n'est pas en démonstrations qu'ils ont parlé : au-dessus de toute démonstration, ils étaient les dignes témoins de la vérité ; mais ce sont les événements passés et présents qui forcent à adhérer a ce qu'ils ont dit. Les prodiges qu'ils ont accomplis leur méri-